L’Europe n’est pas sortie de la convalescence

Dans le cadre de l’exercice dit «Semestre européen» – suivi de l’évolution macroéconomique de chaque pays de l’Union –, la Commission a publié ses observations mercredi. Dans l’ensemble, les pays notés souffrent de déséquilibres macroéconomiques qui se manifestent par une croissance molle, un endettement élevé, un manque d’investissement et un chômage qui ne faiblit pas. Ils sont priés de prendre des mesures d’urgence. Allemagne: Lors de la dernière présentation de ses évaluations en octobre dernier, la Commission avait déjà fait remarquer que le grand excédent budgétaire ne constituait pas un bon signe. Même si l’économie allemande reste robuste, elle encourage Berlin à stimuler les investissements publics et privés. Une telle mesure serait bonne pour l’Allemagne, où près de 10 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Elle serait aussi bienvenue pour les exportateurs européens qui visent le marché allemand. Italie: En octobre, la Commission avait mis la politique économique italienne sous surveillance. Celle-ci est maintenant sortie de cette zone rouge. Mais le pays souffre encore d’une croissance anémique, d’une productivité faible et d’une compétitivité en baisse. La Commission demande à Rome de prendre des mesures correctives d’urgence, notamment pour réduire sa dette. Espagne: L’économie espagnole est sortie du programme d’aide de la troïka (Commission, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Mais elle reste fragile; elle n’attire toujours pas d’investissements pouvant donner une impulsion à la croissance et à l’emploi. Portugal: Comme son voisin espagnol, ce pays est sorti du programme de la troïka, mais reste marqué par une faible croissance, une inflation presque nulle et un taux de chômage préoccupant. Irlande: C’est le deuxième pays, après la Grèce, qui a bénéficié d’un programme d’aide de la troïka, mais aussi le premier à en être sorti, en 2013. L’économie irlandaise a renoué avec la croissance, mais reste minée par un secteur financier fragile et un chômage structurel. Royaume-Uni: La Commission met en garde contre le niveau d’endettement des ménages, lié principalement à l’immobilier. Elle estime par ailleurs que la pénurie de logements continue à pousser les prix vers le haut, ce qui fait craindre une nouvelle bulle dans ce secteur. De l’autre côté de la médaille, Bruxelles fait ressortir que l’économie britannique, y compris le secteur financier, a augmenté sa résilience face aux risques. Finlande: Ce pays nordique a été mis sous surveillance par la Commission parce qu’il n’arrive pas à se remettre de la baisse massive de ses exportations industrielles. Les investissements sont faibles, ce qui aura des conséquences néfastes sur la croissance ces prochaines années. Le secteur privé finlandais souffre aussi d’un endettement élevé. Suède: La Commission pointe du doigt la dette des ménages qui ne cesse d’augmenter à cause de l’explosion des prix de l’immobilier et des forfaits fiscaux avantageux pour acquérir des logements.