Si la liberté de choix demeure tout à fait théorique en Suisse, la grande majorité des pays européens ont instauré depuis longtemps des systèmes de financement performants. Exemples concrets.

Pays-Bas, les pionniers. C'est le pays le plus libéral, et ce depuis septante-cinq ans. Le budget de l'éducation est distribué à parité à toutes les écoles, publiques ou privées, selon le nombre d'élèves inscrits. L'immatriculation dans une école ne dépend pas du lieu de résidence des parents. L'Etat définit un bref curriculum de base auxquelles les écoles privées ont l'obligation d'adhérer, mais qu'elles peuvent mettre en œuvre de manière souple. Effectifs du privé: 70% des élèves du primaire et 80% du secondaire.

Royaume-Uni, le tolérant. Il n'y a pas de distinction nette entre le secteur public et le secteur non gouvernemental. Traditionnellement, les écoles ont été créées par les paroisses. Il existe cependant des écoles indépendantes (Public Schools) et des City Technology Colleges. Le financement des CTC repose sur des dons privés pour les investissements, et sur des subventions de l'Etat pour les salaires des professeurs et les frais de fonctionnement. Effectifs du privé: 5% des élèves du primaire et 8% du secondaire.

Suède, la conciliatrice. Les parents peuvent sélectionner l'établissement de leurs enfants, qu'il soit étatique ou non. Les écoles privées reçoivent pour chaque élève inscrit 85% de son coût équivalent dans le public. Les 15% restants sont dévolus au public afin qu'il puisse s'adapter à la compétition instaurée par cette liberté de choix, une mesure qui met d'accord tous les bords politiques. Effectifs du privé: 2% des élèves du primaire et 2% du secondaire.

République tchèque, la libérale. Une petite révolution a eu lieu au lendemain de la chute du Mur. Le monopole d'Etat a été aboli en 1990 et l'enseignement privé offre une large palette d'options, aussi bien au niveau des matières qu'au niveau de la diversité pédagogique. L'Etat est généreux et son objectif est d'arriver à la parité des subventions entre privé et public. Pour des raisons historiques évidentes, la liberté de choix y est une valeur fondamentale. Effectifs du privé: 1% des élèves du primaire et 3% du secondaire.

Grèce, la résistante. C'est le seul pays européen où il n'existe aucun financement public pour les établissements non étatiques. La loi est très restrictive, et les écoles privées doivent suivre en tous points les orientations pédagogiques des écoles publiques. Effectifs: 6% des élèves du primaire et 7% du secondaire.

Source: Rapport 2002 sur la liberté d'enseignement dans le monde, OIDEL, Genève