La question n’est plus de savoir si l’Europe doit aider la Grèce empêtrée dans une crise budgétaire, ou pas, mais quelle forme l’aide prendra. La réponse tombera ce jeudi à l’issue du sommet européen. Il est déjà prévu que la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy détaillent un plan d’urgence de sauvetage.

Cette perspective a plu aux marchés financiers. Après plus de deux semaines de baisse, l’indice Athex de la bourse hellénique a enregistré mercredi sa deuxième journée consécutive de rebond. Le taux d’intérêt exigé sur les obligations grecques à dix ans a reculé à 6%, contre encore 6,7% lundi. Et l’euro est resté stable. Les opérateurs n’ont pas eu peur de la grève de 24 heures appelée par les syndicats de la fonction publique. Ces derniers protestent contre les mesures prises pour résorber le déficit budgétaire (12,7% du produit intérieur brut).

L’Allemagne a pris les devants. Après avoir déclaré mi-décembre qu’Athènes devait régler ses problèmes seul et ne pouvait compter sur le soutien de Berlin que sous forme de conseils, elle a changé d’avis. Les rumeurs d’une initiative allemande se sont confirmées au fil des événements qui se sont succédé hier.

«L’avenir de l’euro»

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont eu un échange téléphonique, tout comme plusieurs ministres des Finances de la zone euro. Celui de l’Allemagne, Wolf­gang Schäuble, s’est entretenu avec les députés de la majorité gouvernementale – celle-ci serait appelée à voter en cas d’aide allemande. Enfin, Nicolas Sarkozy a reçu à Paris le premier ministre grec Georges Papandréou. Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, revenu d’urgence d’une mission officielle en Australie, ont été associés aux délibérations.

Les spéculations vont bon train sur les décisions qui seront prises par le sommet européen. Plusieurs pistes sont évoquées: une ligne de crédit ouverte aux pays de la zone euro en difficulté, comme le permet le Traité de Lisbonne; un prêt bilatéral – Allemagne et France ensemble – à la Grèce; un prêt de la Banque européenne d’investissement; ou encore le versement anticipé de subventions européennes. Berlin a en contrepartie proposé que le vice-président grec de la BCE, Lucas Papademos, surveille la mise en place des mesures d’économies promises par Athènes.

Des analystes privilégient le scénario où l’Allemagne et la France fournissent une aide bilatérale. «On en est arrivé au stade où on doit faire quelque chose. C’est l’avenir de l’euro et donc de tout le système qui est en jeu. On ne peut pas juste attendre que les marchés se calment», a fait comprendre le Ministère des finances à Paris. Il y a une autre raison: les deux pays sont parmi les plus gros créanciers de la Grèce. Les banques allemandes et françaises détiennent 39% de sa dette extérieure.