Sommet européen

L’Europe récuse le protectionnisme de Donald Trump

Sans vouloir tourner le dos aux Etats-Unis, les Européens veulent consolider les relations commerciales avec le reste du monde. La chancelière allemande Angela Merkel abordera les relations transatlantiques à la Maison-Blanche mardi prochain

L’Union européenne (UE) ne se laisse pas impressionner par la rhétorique protectionniste du nouveau président américain Donald Trump. Réunis au Sommet ces 9 et 10 mars à Bruxelles, ses dirigeants ont, dans une résolution, réaffirmé leur attachement au système multilatéral du commerce, avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) jouant un rôle central.

En réalité, il s’agit de la réponse européenne à Donald Trump qui non seulement répète à l’envi son slogan «America First», mais qui laisse aussi entendre que les Etats-Unis sont prêts à outrepasser les règles de l’OMC. «Nonobstant les signaux protectionnistes venant de part et d’autre, l’UE reste le moteur du libre-échange, a déclaré Donald Tusk, président du Conseil européen. Le commerce est central à notre succès économique.»

Dans une tribune publiée jeudi dans le quotidien français Le Figaro, le président de la Commission Jean-Claude Juncker est allé dans le même sens: «un retour à l’isolationnisme et au protectionnisme n’est pas une option. Je ne conçois aucun scénario dans lequel le nationalisme économique serait compatible avec notre idée de l’Europe et la prospérité de ses habitants».

TTIP en veilleuse

Les Vingt-Huit prennent déjà leur mal en patience par rapport à leurs relations avec les Etats-Unis de Donald Trump. Dès son élection, celui-ci a mis en veilleuse les négociations en vue d’un Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement, plus connu sous son acronyme en anglais TTIP. L’UE y comptait pour donner une impulsion à son économie en panne de croissance et créer de nouveaux emplois.

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Dès lors, les dirigeants européens ont décidé vendredi d’accélérer les négociations commerciales bilatérales avec d’autres régions du monde. Notamment avec le Canada, le Mercosur (neuf pays membres ou associés d’Amérique du Sud) ainsi que des pays d’Asie. «Nous souhaitons aussi renforcer les relations avec la Chine sur la base d’une vision commune d’avantages réciproques et mutuels», disent-ils dans une résolution prise au Sommet.

Etats-Unis, allié historique

Le Japon est aussi une priorité. Du reste, son premier ministre Shinzo Abe est attendu à Bruxelles le 21 mars et selon la Commission européenne, les Vingt-Huit vont «tout faire pour conclure un accord» avec le partenaire nippon.

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Pour l’UE, il n’est toutefois pas question de tourner le dos définitivement aux Etats-Unis, son allié historique et son plus grand partenaire commercial. La chancelière allemande Angela Merkel s’expliquera avec le président américain mardi prochain à la Maison-Blanche, notamment sur les relations transatlantiques.

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