«La vente de fonds de droit suisse à l'étranger se heurte à des obstacles légaux pratiquement insurmontables. On ne peut pas offrir de services transfrontaliers», constate l'avocat Jean-Paul Aeschimann, qui a participé à l'élaboration de la nouvelle loi. Cette situation n'est pas près de changer. A l'inverse, les fonds européens pourront continuer à faire leur chemin ici. «Avec la nouvelle loi, le marché suisse s'ouvre de façon unilatérale», lance Gérard Fischer, CEO de Swissca. Le marché européen reste fragmenté. Les espoirs d'un marché homogène ne se sont pas réalisés. Il est peu probable qu'ils se réalisent avec la nouvelle réglementation européenne UCITS III. Ainsi la bataille entre fonds de droit suisse et fonds de droit luxembourgeois, irlandais ou de Guernesey se déroulera uniquement en Suisse.

Dans notre pays, le droit suisse sera surtout opérationnel «pour les fonds à spécialités, les fonds sectoriels, les fonds centrés sur une région», estime un autre membre de la commission qui a préparé le projet de loi, Yvar Mentha, l'un des responsables de la gestion chez LODH. Pour ces fonds, le droit européen continue à poser de très fortes contraintes de gestion.