La contrefaçon représente entre 3 et 9% du commerce mondial, soit de 120 à 370 milliards d'euros par an, et les saisies opérées par les douanes européennes ont augmenté de 800% entre 1998 et 2002, selon des chiffres rendus publics par la Commission européenne. Celle-ci a estimé cette semaine que la contrefaçon des produits européens avait atteint des niveaux alarmants dans le monde.

Le commissaire européen au Commerce extérieur, Pascal Lamy, a tiré la sonnette d'alarme. «L'Union européenne est plus touchée probablement parce qu'elle est positionnée dans le haut de gamme», a-t-il déclaré en parlant qualité et innovation. «Si nous ne présentons pas cet avantage comparatif, alors nous avons un gros problème.»

La stratégie dévoilée mercredi par l'exécutif européen prévoit d'abord d'insister sur la prévention et la collaboration avec les pays tiers où se déroule ce genre de pratiques. Son plan d'action se concentre sur l'exécution et l'application efficace des lois existantes sur les droits de la propriété intellectuelle et propose d'identifier des pays prioritaires où les actions devraient être concentrées.

Parallèlement, l'UE n'hésitera pas à traîner devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) tous les pays qui ne consentiraient pas d'efforts pour y parvenir. Enfin, la Commission entend encourager une prise de conscience croissante des utilisateurs et des consommateurs dans les pays tiers.