covoiturage

La levée de fonds record de Blablacar conforte les start-up françaises

Le champion français du covoiturage Blablacar a annoncé jeudi avoir levé environ 194 millions de francs, un montant record pour une jeune pousse hexagonale

Un nom improbable. Un secteur compétitif, après l’adoption début août de la loi Macron autorisant la libéralisation des dessertes routières par autobus. Qu’importe: Blablacar, le champion français du covoiturage, vient de confirmer, par une levée de fonds, la confiance accordée par les investisseurs aux start-up françaises.

La société (non cotée en bourse) spécialisée dans la mise en relation de chauffeurs privés et de passagers, forte de plus de 20 millions de membres dans 19 pays, a récolté mercredi soir 200 millions de dollars (194 millions de francs), financés pour l’essentiel par des fonds d’investissement américains. Blablacar, crée en 2006, avait précédemment obtenu 100 millions de dollars en juillet 2014, utilisés pour financer son expansion dans plusieurs pays émergents comme la Russie, l’Inde ou le Mexique, après une implantation en Allemagne. Sa valorisation est estimée à 1,6 milliard de dollars, même si elle n’est pas encore rentable. Ce qui a amené le ministre français de l’Economie, Emmanuel Macron, à saluer ce succès d’un tweet: «Bienvenue chez les (très) grands. Et bravo!»

Expansion internationale

L’optimisme des investisseurs est alimenté par les besoins de covoiturage dans les pays à fort potentiel de croissance, où les embouteillages d’une part, et les déficiences des transports publics d’autre part, rendent l’offre de Blablacar séduisante. Le site Blablacar.ch, à destination du public suisse, renvoie sur le portail français. Une société helvétique, e-covoiturage.ch, propose des services identiques. En 2014, la SNCF a racheté, pour compléter son offre de transports dans l’Hexagone, le site 123envoiture.com.

Le succès de Blablacar – dont le chiffre d’affaires estimé à 10 millions d’euros (10,9 millions de francs) en 2014 double tous les ans depuis 2010 – repose sur une expansion financée par des acquisitions. La société privilégie, au-delà de l’Europe, les pays ayant plus de 50 millions d’habitants et une bonne couverture d’Internet mobile, ce qui fait d’elle un acteur potentiellement majeur en Asie.

Cette levée de fonds record conforte la santé des start-up françaises qui ont récolté depuis le début 2015 près de 800 millions d’euros en capital-risque. La force de Blablacar, spécialisée dans les trajets d’une ville à l’autre, est d’avoir évité en France la confrontation avec les taxis qui s’étaient mobilisés violemment contre la société californienne Uber.

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