Sept heures ce vendredi matin, drôle d’horaire pour le début d’un spectacle. Pourtant, on aurait presque pu imaginer trois coups de brigadier, comme au théâtre. Une sorte d’entrée en scène, de lever de rideau avec près de 400 comédiens: tous ceux qui travaillent au Beau-Rivage Palace de Lausanne, qui rouvre enfin.

Car depuis le 24 mars 1861, journée d’inauguration, l’hôtel, fameux partout sur la planète, fleuron du tourisme haut de gamme et lacustre en Suisse, n’avait jamais cessé ses activités. Sa directrice, Nathalie Seiler-Hayez, première femme à diriger l’établissement, n’imaginait pas, ce printemps, fêter l’année de ses cinq ans à sa tête par cette décision incroyable. «Ce n’était jamais arrivé dans l’histoire, même durant les deux guerres mondiales. Il a d’abord fallu fermer le spa et les restaurants, puis se résoudre à l’évidence, et baisser les stores sur les 168 chambres, en attendant la fin de la crise du Covid-19.» Il ne restait que les drapeaux, et les lumières extérieures, comme les braises d’un luxe arrêté.