Horlogerie

L’exode des montres suisses vers le Japon se confirme

Les exportations horlogères dans l’Archipel se sont envolées de +22,4% en janvier. A Hongkong et en Chine, la baisse continue

Les espoirs de reprise printanière, entendus çà et là à Baselworld, ne se confirment pas encore dans les chiffres. A fin février, les exportations horlogères suisses ont baissé de 3,3% sur un an, à 1,7 milliard de francs. Elles sont en baisse pour le 8e mois consécutif, a noté mardi la Fédération horlogère (FH) dans un communiqué.

Le repli est moins marqué qu’en janvier (-7,9%) et se situe dans la moyenne de l’année 2015. L’autre chiffre dans la moyenne de 2015, c’est la chute des envois de montres à Hongkong. En février, le recul atteint 25,3%. Avec 210,4 millions de francs, l’ancienne colonie britannique reste néanmoins le premier débouché du secteur. Mais «si l’on connaissait le nombre de montres qui sont réexportées de Hongkong vers d’autres pays, les chiffres seraient encore plus impressionnants», a réagi le patron d’une marque rencontré à Baselworld.

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Le Japon passe devant la Chine

Au pied du podium, les positions sont plus incertaines. Les Etats-Unis, où les exportations ont à nouveau progressé (+2,4%) après cinq mois de recul, restent deuxièmes. Par contre, en janvier, les exportations ont été plus importantes au Japon qu’en Chine (112 et 101 millions, respectivement). Dans l’Archipel, les ventes se sont envolées de 22,4% par rapport à février 2015. En Chine continentale, elles ont reculé de 6,8%. Sur les deux premiers mois de 2016, le Japon surpasse également la Chine, redevenant le 3e marché de l’horlogerie suisse. Si cette tendance se confirme tout au long de l’année, le pays repasserait devant la Chine pour la première fois depuis une décennie.

«Il serait grossier» d’évoquer Bruxelles

L’Europe a affiché une progression de 4%. L’Italie est restée stable et l’Allemagne est en hausse de 6,6%. La France recule de 5,1%. A l’image d’autres horlogers interrogés par l’Ats à Bâle, Marc Hayek, le patron des marques haut de gamme de Swatch Group, a indiqué que l’effet des attentats s’était fait ressentir au-delà de Paris et de la France, notamment en Italie et en Suisse. Des événements qui ont plus ou moins coïncidé avec l’introduction de visas biométriques pour les voyageurs chinois. «Une pénalité», résume le chef de Longines, Walter von Känel, cité par l’agence de presse.

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Les deux patrons horlogers que Le Temps a rencontrés mardi à Bâle n’ont pas voulu s’aventurer à pronostiquer l’effet sur le tourisme asiatique que pourraient avoir les attentats qui ont eu lieu à Bruxelles. «Il serait grossier de penser à cela en de telles circonstances», écarte l’un d’eux.

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