Comparées aux neuf premiers mois de l'année dernière, les exportations de fromages suisses repartent à la baisse. Elles enregistrent un recul de 2% à près de 39000 tonnes, selon les dernières données communiquées par la fiduciaire TSM qui agrège les chiffres fournis par l'Office fédéral des douanes. Un an auparavant, c'était l'inverse: les ventes à l'étranger avaient augmenté de 3,5% sur un an, à 39500 tonnes. Elles s'élevaient à 43000 tonnes sur les trois premiers trimestres de l'an 2000.

L'Emmental est le principal responsable du déclin enregistré en début d'année. Comptant pour 41% des exportations de fromages suisses, ses ventes baissent de 12%. La cause? «Le nombre de fromageries a continué de diminuer suite à l'arrêt définitif des subventions à l'exportation vers les pays de l'UE, en mars 2004», explique Jürg Jordi, responsable de l'information auprès de l'Office fédéral de l'agriculture. Pour Arthur Fasel, directeur de l'association Emmentaler Switzerland, «il s'y ajoute une diminution des stocks. A cause d'elle, l'offre d'Emmental n'a pu suivre une soudaine reprise de la demande, ce qui a entraîné une augmentation du prix du kilo de 6 francs à 7 fr. 10». En outre, une fromagerie a dû déclasser 1000 tonnes de sa production. Corrigé de cet effet, la vente des fromages à pâte dure exportés baisse de 4,3%. L'Emmental a rejoint fin septembre les autres appellations d'origine contrôlées (AOC), comme le Gruyère, le Vacherin de Fribourg, ou la Tête de Moine. Le directeur n'attend pas de miracle de l'AOC Emmental, contrairement à l'effet qu'elle a eu sur le Gruyère, dont les ventes augmentent de 2,3%.

Le succès de la Tête de Moine

La Tête de Moine, autrefois un produit de niche, augmente ses ventes à l'étranger de 20%, à 716 tonnes, contre 415 tonnes en 2000. «Nous sommes très présents sur le terrain depuis 10 ans», explique Jacques Gygax, président de l'Interprofession Tête de Moine.

La structure faîtière suisse, Switzerland Cheese Marketing, emploie 34 personnes pour un budget de 40 millions de francs. Elle a restreint son activité à l'information sur des marchés déjà ouverts par les vendeurs de fromages suisses. Emmi, le plus grand exportateur suisse, veut croître de 10% à l'étranger, mais par ses propres moyens, indique son porte-parole Stephan Wehrle.