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Le salon financier Finanzmesse à Zurich en février 2017.
© Finanzmesse

Investissement

A l’heure du numérique, les foires financières continuent d’attirer

Finanz’18, qui s’ouvre début février à Zurich, ne s’attend pas à une baisse de la fréquentation. Les moyens technologiques ne remplacent pas les contacts, abondent dans ce sens plusieurs banques. Mais les foires doivent être très spécialisées pour garder leur raison d’être

A en croire les chiffres, l’intérêt pour les foires financières ne diminue pas. Cette année, Finanz’18 annonce un nombre record d’exposants inscrits. Pour sa vingtième édition, le salon qui se tient ces jours, désormais à Oerlikon, dans la banlieue de Zurich, attend 120 exposants.

Au total, 6300 personnes se sont déplacées l’an dernier, en légère baisse par rapport à l’année 2016. Un effet de la numérisation, qui aurait rendu caduc ce genre de réunion? Des foires financières virtuelles, auxquelles les participants peuvent se rendre tout en restant derrière leur ordinateur, ont vu le jour, tandis que la plupart des services financiers peuvent être offerts en ligne. «Il est de plus en plus compliqué pour les banques de boucler des budgets aussi importants pour des événements, tout en évitant de donner aux clients l’impression de gaspiller leur argent dans des événements de prestige», estimait Olivier Collombin, fondateur de Planet of Finance et l’un des instigateurs de ces foires virtuelles.

Lire aussi: La finance a son «village» virtuel

Ce n’est pas la perception de Gregor Johner, directeur de Finanz’18. «Nous ne remarquons pas vraiment d’effet de la numérisation, car le contact personnel est toujours très important», assure-t-il. Urs Ziegler, responsable du secteur acquisition à l’asset management de la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), abonde dans ce sens: «Rien ne remplace le contact humain et, à condition d’être ciblées, les foires financières gardent un rôle important.» D’autant, poursuit le spécialiste, qu’une «foire financière a l’avantage de réunir de nombreux gérants d’actifs, représentants des caisses de pension et autres investisseurs institutionnels, ce qui offre aux uns et aux autres la possibilité de rencontrer de nombreuses personnes en un court laps de temps».

«Mettre des visages sur les produits»

Ces réunions sont aussi l’occasion «d’expliquer notre approche de la gestion et de mettre des visages sur des noms de produits», poursuit la BCV, qui explique cette incursion hors de son canton d’origine par le fait que le «centre de gravité» du marché de la gestion institutionnelle se trouve dans la région zurichoise. Marché dans lequel la banque est active sur le plan national depuis des années et qui l’a conduite à ouvrir une représentation à Zurich en 2010.

Même le champion du Net qu’est Swissquote ne fait pas l’impasse sur cette foire, jugeant que sa présence est d’autant plus importante pour une banque «100% digitale comme la nôtre», souligne le responsable du marketing de la banque basée à Gland, Jan De Schepper. «Les foires n’ont clairement pas perdu de l’importance. Nous constatons même un regain d’intérêt pour des expériences en live. Comme dans d’autres industries d’ailleurs. Le numérique a changé la façon d’acheter la musique, mais les concerts n’ont jamais été aussi populaires. Idem pour les événements culturels et le sport», poursuit l’expert.

Idées des clients

Jan De Schepper souligne qu’«aucune communication n’est plus forte que l’interaction de personne à personne» et dit recevoir des demandes «souvent plus sophistiquées que par téléphone, e-mail ou chat» et avoir «reçu beaucoup d’idées de la part des meilleurs clients lors de ces échanges entre personnes qui nous ont permis d’améliorer nos plateformes et applications».

Reste que les foires doivent aussi être de plus en plus spécialisées pour continuer d’attirer les visiteurs. Un thème trop général ne fait plus suffisamment venir les prospects potentiels, ni les exposants, explique une connaisseuse du secteur. Tout en ciblant le public que l’on veut toucher. De fait, Finanz’18 a renoncé cette année à ouvrir au public de façon générale. La manifestation ne s’adresse plus qu’aux investisseurs professionnels. Ces derniers, des gérants de fortune, banquiers privés, family offices, caisses de pension, représentaient déjà les deux tiers des visiteurs depuis plusieurs années.

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