Contrairement à ce chroniqueur français, mal pris ou mal compris, je n’ai ressenti aucune peur l’autre jour lorsqu’une «femme en noir» est venue s’asseoir à côté de moi dans le tram.

Quoi de plus normal me direz-vous! A juste titre. En règle générale, je n’ai pas pour habitude non plus de changer de rame quand un homme grisonnant, sourire malicieux, costume cravate et sacoche à la main s’assied à mes côtés.

Et pourtant. Pourtant, statistiquement parlant, j’ai aujourd’hui bien plus de chances de me faire plumer par un banquier malintentionné que trucider par un apprenti djihadiste se réclamant d’une religion dont il ne connaît rien à part le nom.

Prenez Bernard Madoff par exemple. Le bonhomme, tout ce qu’il y a de plus respectable aux premiers abords, a escroqué plus de monde en Europe que l’Organisation État islamique n’y a fait de victimes.

Alors évidemment Bernie n’est pas al-Baghdadi, bien loin de moi l’idée de comparer l’incomparable. Je me réjouis d’ailleurs que la coalition soit parvenue à éliminer «l’argentier» de l’OEI la semaine dernière comme je me moque d’avoir appris que le «dernier procès Madoff» s’était soldé en queue de poisson au bout du lac.

Reste que les préjugés, les amalgames sont tout aussi nocifs, qu’ils touchent à la religion, la couleur de peau ou à l’orientation professionnelle. Je vous invite donc vous aussi à ne pas céder à la peur, encore moins à la haine. A continuer de prendre le tram, comme le métro, avec un sourire pour la personne à côté de vous, qu’elle porte le voile ou la cravate.