L'esprit bien trempé et bon vivant, le Jurassien Jacques Brossard dissimule une poigne de fer dans un gant de velours. A la Banque Cantonale Vaudoise (BCV), ce quadragénaire originaire des Pommerats a été nommé à la direction de la «DiFi», le moulin à revenus financiers de la banque cantonale romande. S'il n'était que licencié en sciences économiques et diplômé de l'Ecole des HEC de Lausanne, on dirait sans doute qu'il a eu un parcours classique. Après un assistanat universitaire, Jacques Brossard s'embarque dans le navire UBS. Il y fera avant tout de la gestion de fortune et aurait pu continuer sur cette lancée si… Si, en 1989, il n'avait pas été le premier Suisse à «intégrer» l'Ecole nationale d'administration publique, la fameuse ENA, qui fait les ministres et les plus grands commis de l'Etat en France. «J'y ai appris la concision et l'esprit de synthèse», se souvient Jacques Brossard. Mais aussi à être diplomate. Ce qui sera sans doute très utile dans un proche futur à ce spécialiste de la gestion institutionnelle.