Depuis quelques semaines, le porte-parole de SairGroup se bat sur tous les fronts. Nouvelle stratégie oblige. De son propre aveu, ce n'est pas commode: «Chacun de mes mots est pesé, et je dois être très prudent. C'est une situation difficile», admet Jean-Claude Donzel. D'autant plus difficile qu'il a défendu pendant des années une diversification tous azimuts, pour se retrouver aujourd'hui à plaider la stratégie inverse: «Je suis porteur de décisions prises au niveau de ma direction, et je n'ai pas d'états d'âme.»

Jean-Claude Donzel a accompli toute sa carrière au sein de la compagnie suisse. Il a été d'abord apprenti, puis stagiaire, chef d'escale, responsable Sales & Services et Marketing et responsable du service de presse et relations extérieures. Cet homme de 51 ans a tout connu. Les périodes de beau temps, dans les années 80, où il n'annonçait à la presse que de bonnes nouvelles: ouverture de lignes, achats d'appareils flambant neuf. Puis, les périodes de turbulences, comme en 1996, lorsque la compagnie suisse a supprimé les long-courriers au départ de Genève, et qu'il a dû faire face à la controverse. Mais la journée qui l'a le plus marqué a été le 3 septembre 1998, quand sa secrétaire lui a annoncé l'accident de Peggy's Cove: «Je suis arrivé le premier, dans un bureau tout noir. CNN diffusait déjà des images de l'épave. C'était terrible», se souvient-il. Son intérêt pour le métier est resté intact, «c'est une vocation».