Maurice Baudet est un peu l'âme de l'Association suisse des gérants de fortune (ASG). Membre depuis sa fondation, en 1986, il en a été le président dès 1993, charge dont il a démissionné quatre ans plus tard. Aujourd'hui, il remet l'ouvrage sur le métier: l'ASG vient de le nommer à sa direction générale, un poste qu'elle a nouvellement créé afin de permettre à la profession de mieux résister à la pression. «Elle doit actuellement relever des défis fondamentaux. Elle est de plus en plus contrôlée. Et, face à la menace de disparition du secret bancaire, il faut qu'elle fasse mieux valoir ses qualités et son savoir-faire. Ces enjeux me passionnent», avance-t-il. Il s'insurge contre le mauvais procès que l'on fait aux gérants de fortune indépendants régulièrement soupçonnés, à tort selon lui, de pratiques douteuses. Car, ce Genevois pur sucre – il est né dans la ville de Calvin, y a fait ses études et accompli l'essentiel de sa carrière – s'avoue «très attaché à la morale protestante qui a fait le succès de la place financière genevoise». Il se dit prêt à se battre pour défendre et développer l'éthique professionnelle. Unanimement reconnu par ses pairs, aussi bien par les Romands que par ses confrères d'outre-Sarine, il est décrit comme une personne d'une grande intégrité, fidèle à ses idéaux et ses valeurs. Ce passionné d'escrime, qu'il pratique à un bon niveau, est, de l'avis général, l'homme de la situation.