Le 11 mars 2020, l’OMS décrétait l’état de «pandémie». Le 13, le Conseil fédéral prenait une décision historique en décrétant la fermeture des écoles et une sévère limitation des restaurants et des manifestations. Nous consacrons une série d’articles à cette année unique.

Quarante-huit heures. C’est le temps qu’il aura fallu pour stopper la quasi-totalité de l’industrie horlogère suisse. Le 16 mars 2020, le Conseil fédéral décrète l’état de «situation extraordinaire» et impose un semi-confinement, tout en autorisant les entreprises à poursuivre leurs activités. Mais le lendemain, de grandes marques horlogères annoncent leur fermeture. Rolex, Hublot, Audemars Piguet, Patek Philippe seront rapidement suivies par d’autres. Certains ateliers mettront deux mois à redémarrer.

Un an plus tard, quatre acteurs de cette industrie racontent au Temps cette semaine où tout a basculé. Secrétaire général de la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse, François Matile se souvient d’un affolement général: «Il fallait régler des questions sanitaires, organiser les gardes d’enfants, qui ne pouvaient plus aller à l’école. Pour la plupart des entreprises, fermer était la seule voie possible face à une situation ingérable et des marchés fermés.»