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L'horlogerie n'a plus plus peur du web

Environ 3% des ventes de l'horlogerie seulement se font en ligne, mais le volume a doublé en trois ans. L'avenir? Parfois, votre ancienne manière de pratiquer votre métier vous empêche d'investir franchement dans l'avenir...

C'est un nouveau territoire à conquérir pour les marques de luxe. Alors que la Chine a moins d'appétit pour les montres suisses et que les autres continents sont saturés de propositions de marques, il reste un client à séduire: l'acheteur sur internet. Certes, il y a bien longtemps que de nombreuses maisons offrent des articles haut de gamme sur le web. Mais les opérateurs ont de la peine à trouver le bon canal. Net-a-Porter du groupe Richemont a ainsi du succès en termes de volume. Mais le site marchand ne parvient toujours pas à être rentable.

Il y a pourtant une évidence à se lancer dans le e-commerce. Une évidence que le numéro un mondial luxe a compris puisque LVMH lance en mai sous l'enseigne Le Bon Marché, son magasin chic parisien, un véritable mall de prestige sur le web avec toutes les marques du groupes représentées. C'est un moyen de booster certains domaines pas encore totalement acquis à la cause. Comme l'horlogerie dont une minuscule fraction du chiffre d'affaires total se réalise en ligne. Environ 3% des ventes, mais un volume qui a doublé en trois ans.

Aujourd'hui, une bonne partie de ces transactions s'opèrent à travers des tiers. Un comble! Alors que les groupes de luxe n'ont eu de cesse ces dernières années de consolider - quand ce n'est pas posséder - leur réseau de distribution, ils comptent désormais sur des blogs ou autres sites spécialisés pour effectuer du e-commerce. «Tester» serait plutôt le mot juste car la plupart des marques envisagent à terme de passer par leurs sites, des revendeurs ou à travers les réseaux sociaux.

Mais là encore, rien n'est simple. La stratégie du «click and collect» - qui impose au client de retirer son achat effectué en ligne en boutique - va continuer à s'appliquer à de nombreuses maisons. Ces dernières se voient obligées en effet de nourrir leurs points de vente. Un dilemme que les spécialistes de l'innovation connaissent bien: parfois, votre ancienne manière de pratiquer votre métier vous empêche d'investir franchement dans l'avenir.

Un nouveau venu qui imposerait une marque, des produits et une vente exclusivement en ligne du jour au lendemain pourrait-il disrupter l'horlogerie de luxe? Difficile à imaginer aujourd'hui, mais qui sait? A force de s'abreuver du slogan «tradition et innovation», le secteur s'expose au risque que de nouveaux acteurs cassent la baraque en ne prenant que la seconde partie de la proposition au pied de la lettre.    

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