L'hôtellerie genevoise compte 80% de clientèle d'affaires. Comment voit-elle venir la crise économique? «Nous ressentons une très grande nervosité dans les réservations, indique Paul Muller, président de la société des hôteliers de Genève. Il y a plus d'annulations, mais aussi plus de réservations à très court terme. Nous travaillons avec une visibilité à 14 jours au maximum.» Un sentiment confirmé dans la plupart des établissements contactés.

Ces dernières années, les hôtels de luxe genevois ont investi plusieurs centaines de milliers de francs en rénovations. Des décisions qui ne se regrettent pas, même en période d'assombrissement conjoncturel. Marco Toriani, directeur du Mandarin Oriental, se prépare avec flegme à vivre la quatrième crise économique de sa carrière. «Dans l'hôtellerie, contrairement à la finance, on investit à long terme, à l'échelle de 10 ou 20 ans. Un hôtel est un bien immobilier qu'il faut soigner. Je n'en connais aucun qui n'ait pas été revendu plus cher qu'il a été acheté.»

Une année exceptionnelle

Son établissement, d'ailleurs, a rouvert cet été des espaces publics entièrement modernisés. Dans la foulée, depuis septembre, il a abandonné son identité historique d'Hôtel du Rhône et s'appelle désormais Mandarin Oriental, du nom du groupe international auquel il appartient depuis plusieurs années.

Le Four Seasons Hotel des Berges a quant à lui «toujours des projets de transformation, mais tout est encore à l'étude» indique son directeur commercial.

«De toute façon, conclut Paul Muller, 2008 a été exceptionnelle. Même en imaginant que la branche perde 5% de chiffre d'affaires l'an prochain, cela nous ramènerait au niveau de 2007, et c'est déjà tout à fait excellent!»