Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le profil des étudiants de l’école hôtelière de Glion-Les Roches séduit nombre d’entreprises qui n’ont rien à voir avec l’hôtellerie, comme Bloomberg, JP Morgan, Richemont ou encore Roger Dubuis, qui viennent directement recruter à Glion chaque…
© FABRICE COFFRINI/AFP PHOTO

Formation

L’hôtellerie mène à tous les métiers

Les élèves diplômés de l’Ecole hôtelière de Lausanne ou de Glion-Les Roches sont prisés par les recruteurs d’autres secteurs, comme ceux de la banque et du luxe. La raison? Un cursus ancré dans la pratique et une attention accrue aux besoins du client

Valentin Tremaud est diplômé de l’Ecole hôtelière de Glion depuis 2014. Aujourd’hui, le jeune homme n’est pas manager d’un restaurant étoilé ou responsable marketing d’un hôtel. Ni cuisinier ni serveur, il n’est pas non plus gérant d’un club de vacances ou d’un bar à vins. A 25 ans seulement, Valentin est en charge de «l’expérience client» au sein de la marque horlogère chic Roger Dubuis. Son rôle? Recevoir journalistes, partenaires commerciaux et clients VIP au siège de la manufacture, à Genève, afin que la visite leur laisse un souvenir impérissable. Et il adore son travail. «Au final, peu importe ce que vous vendez, pense-t-il. Que ce soit une chambre ou une montre, le but est le même: le client doit se sentir comblé.»

Lire aussi: Ces métiers qui ne connaissent pas la crise

Un luxe familier

Ce Français est loin d’être une exception. A Glion, environ 30% des diplômés exercent finalement dans un autre secteur que celui de l’hôtellerie, qui reste pourtant le cœur de métier de l’école. Comment expliquer cette tendance? Pour Valentin Tremaud, c’est d’abord le public des étudiants qui est un formidable atout. «Je ne viens pas d’un milieu spécialement privilégié, estime-t-il. Alors que là, j’ai étudié avec des gens venus du monde entier, dont certains sont des fils de prince ou d’ambassadeur. Nous avons vécu ensemble. Cela familiarise énormément avec le milieu du luxe, dans lequel vous êtes censé travailler par la suite.» L’autre atout qu’il cite est aussi un corps professoral international, composé de professionnels qui ont une vraie expérience de l’entreprise, et pas seulement des compétences pédagogiques. «Pour moi, Glion est une vraie école de la vie», ajoute Valentin Tremaud, ému.

Nos étudiants apprennent à travailler en équipe, sous pression et à anticiper les désirs du client

Alexia Lepage, porte-parole de l’école hôtelière de Glion

Pour Alexia Lepage, porte-parole de l’établissement qui surplombe le Léman, les avantages d’une formation à Glion tiennent également dans le contenu des apprentissages et la manière dont ils sont enseignés. «De l’accueil des clients au service, en passant par la cuisine, nos étudiants occupent tous les postes de notre restaurant, explique-t-elle. Ils apprennent ainsi à travailler en équipe, sous pression et à anticiper les désirs du client. C’est ce modèle dual suisse, qui combine la pratique et la théorie, que nous envie le monde entier… En plus de cela, les élèves suivent des cours de leadership, de management, de psychologie, de design ou même de culture du luxe qui leur apportent des outils concrets.» Cela fait plusieurs années déjà que le profil des diplômés de Glion séduit hors des frontières de l’hôtellerie. Quelques semaines avant la fin de leur cursus, plusieurs compagnies de renom viennent directement recruter sur place: Bloomberg, JP Morgan, Richemont… et donc également Roger Dubuis.

Lire aussi: «L’Ecole hôtelière de Lausanne sera un pôle d’innovation»

L’école hôtelière haut de gamme serait-elle devenue la nouvelle école de commerce? En tout cas, la tendance est la même chez le concurrent direct de l’école de Glion, l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL), où 160 entreprises se déplacent deux fois par an pour dénicher les meilleurs talents. Parmi elles se trouvent Nestlé, Tesla, UBS, Credit Suisse, Blancpain, mais aussi le CICR et l’UEFA… Cette diversité explique qu’une fois diplômés, pas moins de 45% des étudiants partent exercer leurs talents ailleurs que dans un hôtel ou un restaurant.

Qualité du service

Leurs employeurs, eux, sont ravis. Car ils trouvent notamment chez ces personnes une attention au client inégalable, comme l’explique Sherif Mamdouh, responsable de la communication de l’EHL: «Dans un monde où la performance, le produit et la tarification sont de plus en plus homogènes, dit-il, l’un des différenciateurs principaux devient l’expérience client et la qualité du service et ce, quelle que soit l’industrie.» Laurent Gagnebin, directeur général de la banque Rothschild Suisse, a ainsi coutume de dire que «les banques devraient se concentrer davantage sur la clientèle, avoir de meilleurs services à tous les points de contact». Il est bien placé pour le savoir, puisque lui-même est diplômé de l’EHL. Tout comme Lorenzo Stoll, directeur de l’antenne romande de Swiss.

Plus de 45% des diplômés de l’Ecole hôtelière de Lausanne partent exercer leurs talents ailleurs que dans un hôtel ou un restaurant

Il arrive aussi que les anciens de l’institution deviennent entrepreneurs eux-mêmes. C’est le cas notamment de Jacky Lorenzetti, fondateur de la «U Arena» à Paris, la plus grande salle de spectacle d’Europe, ou d’Arnaud Bertrand et Junjun Chen Bertrand. Ceux-ci ont lancé HouseTrip, société en ligne de location de maison qui a été rachetée par TripAdvisor en 2016. Le porte-parole de l’EHL, Sherif Mamdouh, l’affirme: «La forte culture entrepreneuriale au sein de l’école donne à nos étudiants une pointe d’audace, qui leur permet de bousculer les acquis». Et de créer leur propre entreprise, en vrais start-uppers. 

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)