Les négociations sur les salaires minimaux dans l'hôtellerie et de la restauration pour 2004 se sont faites sous haute surveillance de la part des syndicats car elles ne devaient surtout pas créer un précédent. Fait rarissime, les associations patronales sont en effet arrivées à la table des discussions en revendiquant des baisses de revenus. «Compte tenu des conditions économiques difficiles, le patronat a commencé par demander une réduction des salaires minimaux les plus élevés au niveau de 2002», ont ainsi confirmé GastroSuisse, hotelleriesuisse et l'Abag (l'association Restauration de collectivités et établissements sans alcool) la semaine dernière dans un communiqué. Puis les associations patronales sont revenues en arrière et elles ont proposé que les salaires minimaux 2004 restent les mêmes qu'en 2003.

Baisser les salaires, comme les bloquer d'ailleurs, était tout simplement inacceptable pour les syndicats qui demandent, eux, une hausse de 1% des revenus minimaux pour compenser le renchérissement, dans un secteur où les rémunérations sont très basses et le métier peu attractif.

En fin de compte, c'est l'impasse. La semaine dernière, le quatrième tour de négociations n'a donné aucun résultat; les discussions sont rompues et l'Office fédéral de conciliation va devoir trancher, comme le prévoit la Convention collective nationale de travail (CCNT). La sentence de cet organisme arbitral sera obligatoire et sans appel, elle est attendue pour cet automne.

Par ailleurs, 11 000 nouveaux salariés vont s'affilier à la CCNT: les syndicats UNIA, Syna et FCTA (Fédération suisse des travailleurs du commerce, des transports et de l'alimentation) viennent en effet d'y adhérer. Les trois nouveaux partenaires pourront prendre part dès 2004 aux négociations salariales et conventionnelles. Ils estiment ainsi pouvoir exercer une influence directe sur l'évolution de la CCNT. Les trois syndicats participeront également au contrôle de l'application des dispositions de la convention et ils siégeront au sein de la commission paritaire de surveillance, responsable de l'exécution de la CCNT.