Fouille des bagages et contrôle d’identité, il fallait montrer patte blanche pour accéder à l’hôtel Dolder Grand, à Zurich, où s’est tenu vendredi un déjeuner précédé d’une allocution du premier ministre chinois, Li Keqiang. La rencontre, qui a réuni quelque 200 représentants suisses et chinois de l’économie et de la finance, s’est inscrite dans le cadre d’une visite officielle de deux jours du chef du gouvernement en vue de la conclusion d’un accord de libre-échange avec Pékin. Outre le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, Li Keqiang a aussi rencontré le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter, puis Ueli Maurer, le président de la Confédération, à Berne. Doris Leuthard, ministre des Transports, se rendra mercredi à Pékin.

L’accord de libre-échange avec la Suisse, qui devrait être signé en juillet lors d’une visite de Johann Schneider-Ammann en Chine, mais aussi les services financiers et la lutte contre le protectionnisme ont été les thèmes abordés par le premier ministre chinois. Vendredi, un mémorandum sur l’accord a été signé. Il est le premier de ce type en Europe. Il ne porte «pas seulement sur la réduction des droits de douane mais inclut aussi des aspects liés à l’environnement, au marché du travail, à la protection intellectuelle ainsi que l’accès au marché», a ajouté Li Keqiang.

«Capitale financière» suisse

Autre thème clé: les services financiers. Selon Li Keqiang, la Chine est en train de réformer et d’ouvrir son système financier. Ces réformes concernent notamment le marché des taux d’intérêt et la convertibilité du renminbi, la devise chinoise. Il a souligné l’importance pour la Chine de tirer parti de l’expérience du secteur bancaire en Suisse, qualifiée de «capitale financière majeure». «Nous voulons renforcer le dialogue dans le secteur financier avec la Suisse», a-t-il dit devant un parterre de banquiers réunissant notamment Joseph Ackermann, le président de Zurich, Axel Weber, d’UBS, et Patrick Odier, de l’ASB.

Thomas Jordan, le président de la Banque nationale suisse (BNS), a, lui, réaffirmé «l’intérêt pour le secteur financier suisse à devenir une plateforme pour le négoce du renminbi à l’international». Et «l’ouverture d’une banque chinoise en Suisse serait bienvenue», a-t-il ajouté, en introduction de l’événement organisé conjointement par la BNS, economiesuisse, l’Association suisse des banquiers, la Chambre de commerce Suisse-Chine et l’ambassade de Chine.

L’ouverture des marchés aux services doit participer à la «lutte contre toute forme de protectionnisme», a poursuivi Li Keqiang. L’occasion pour lui de regretter le différend en cours avec l’Union européenne au sujet des subventions pour les panneaux photovoltaïques et les équipements de télécommunications, l’une des rares critiques émises lors d’un discours de plus d’une demi-heure.