L’invité

Le libéralisme est l’instrument qui permet de sortir de la déflation

Les moyens de sortir vraiment de la déflation existent. Il faut notamment revoir la part de l’Etat et s’attaquer au dogme de la fiscalité qui devient de plus en plus confiscatoire en relançant l’idée d’un taux d’imposition unique sur le revenu

La déflation peut être définie comme étant l’observation dans l’économie de la baisse généralisée des prix. Ce concept relativement simple, et qui a priori semble favoriser le consommateur, est devenu la bête noire des banquiers centraux depuis le début du millénaire; en effet, le développement d’une spirale déflationniste déploie des effets beaucoup plus pervers et durables qu’un cycle inflationniste.

Une déflation par la globalisation

La déflation que nous nommons structurelle est liée à la globalisation des échanges commerciaux. Elle n’est pas récente mais elle s’est amplifiée ces trois dernières décennies avec l’ouverture de nouveaux marchés, la baisse des barrières tarifaires, la globalisation des échanges et des modes de consommation ainsi que la libre circulation des biens, des services et des personnes. Elle a eu pour conséquence de redistribuer les cartes de la production industrielle vers des lieux où le coût de la main-d’œuvre est faible et facilement disponible. La déflation structurelle liée à la globalisation n’a pas eu que des effets négatifs, bien au contraire; elle a permis l’émergence d’une nouvelle classe moyenne aux quatre coins de la planète et la dynamique des marchés émergents a été un formidable moteur pour l’économie mondiale ces deux dernières décennies.

La déflation technologique s’est également accélérée ces dernières années. Des premiers gains de productivité liés à l’avènement des microprocesseurs jusqu’à l’Internet mobile en passant par la micro-informatique, la technologie est en passe de révolutionner tous les secteurs d’activités économiques et les modes de vie. Le principal vecteur de la déflation technologique aura été Internet qui a mis à mal des pans entiers de l’industrie des loisirs tels que la musique, l’information, le cinéma mais également le monde du travail, du commerce et de la consommation. La technologie casse les barrières d’entrée sur certains marchés en apportant transparence, facilités de traitement des processus et accès à l’information instantanée tout en exerçant également une pression permanente sur les prix, les marges des entreprises et donc les rémunérations des employés.

Crises à répétition

Le monde traverse des crises financières et monétaires à répétition depuis un certain nombre d’années dont le rythme et l’amplitude se sont encore accélérés depuis le début du millénaire. La réponse aux crises financières est, depuis 1987, toujours la même et passe par un assouplissement de la politique monétaire et une baisse drastique des taux d’intérêt.

De crises financières en crises financières, sans véritable reprise économique entre deux, les taux d’intérêt sont aujourd’hui tombés à zéro et sont même devenus négatifs, un phénomène quasiment unique dans l’histoire financière qui conduit aujourd’hui un épargnant à devoir payer pour laisser de l’argent sur son compte bancaire.

L’effet démographique

Les autres facteurs qui contribuent à favoriser un environnement déflationniste sont le vieillissement de la population qui occasionne certes des besoins en matière de soins et d’accompagnement des personnes âgées mais génère des coûts supplémentaires à la charge de la collectivité.

Le protectionnisme économique, prôné par les partis populistes, est déflationniste et a été l’un des facteurs qui a aggravé la crise mondiale des années trente.

La part de l’Etat au PIB a sensiblement augmenté ces dernières années et a atteint, par exemple, pour la France 57% de la richesse nationale, un niveau difficilement compatible avec une économie dit capitaliste.

On constate, à travers le monopole que l’Etat exerce sur nombre d’activités que la déflation structurelle, que nous avons évoquée au début de cette étude, ne touche pas les prix dits administrés. Nous citerons enfin la déflation liée à l’explosion des ordonnances et règlements qui foisonnent dans tous les domaines et qui contribuent à emprisonner la vie économique dans un carcan de plus en plus étroit.

Notre monde, aujourd’hui fortement globalisé et interdépendant, va rester encore longtemps soumis à des forces déflationnistes lourdes qui seront difficiles à contrecarrer dans un avenir proche. Néanmoins, les outils à disposition des Etats, à savoir la politique monétaire, budgétaire et un cadre législatif favorable pour l’entrepreneur offrent encore une marge de manœuvre exploitable pour sortir de la déflation.

En un seul mot, cela s’appelle le libéralisme et pour arriver à redynamiser nos économies, il faut aussi s’attacher à définir la part idéale de l’Etat dans l’économie, s’y tenir et s’attaquer au dogme de la fiscalité qui devient de plus en plus confiscatoire en relançant l’idée d’un taux d’imposition unique sur le revenu qui ne devrait pas dépasser 25% afin de permettre aux agents économiques d’investir, de consommer, d’épargner dans un environnement où les taux sans risques sont positifs et non pas en territoire négatif, ce qui s’apparente à une taxe supplémentaire qui frappe l’épargne, réservoir indispensable pour l’investissement.

Publicité