Le câblo-opérateur américain Liberty Global va racheter son concurrent britannique Virgin Media au cours d’une transaction le valorisant à 23,3 milliards de dollars afin de créer «le leader mondial du secteur» mais surtout de peser plus lourd en Europe.

Liberty, contrôlée par le milliardaire américain John Malone et propriétaire en Suisse d’UPC-Cablecom, rachète Virgin Media pour 47,87 dollars par titre, soit une prime de 24% sur le cours de clôture de Virgin Media lundi. Cela représente un total de 16 milliards de dollars et le câblo-opérateur britannique est ainsi valorisé à 23,3 milliards de dollars, détaille le communiqué publié mardi soir.

Virgin Media est numéro deux du secteur en Grande-Bretagne derrière BSkyB, contrôlé par Rupert Murdoch, et Liberty avec ce rachat ambitieux veut détrôner le magnat des médias sur ce marché. La transaction va accroître la dette de Virgin Media de 3 milliards de dollars, précise-t-il.

Le mariage de Liberty Global et Virgin Media entend créer «la première entreprise mondiale de communication à large bande passante, couvrant 47 millions de domiciles et desservant 25 millions de clients dans 14 pays», ajoute-t-il.

Le nouveau groupe va se focaliser sur les marchés européens et affichera une taille suffisante «pour être à l’avant-garde du changement technologique pour les clients», poursuit le communiqué.

Economies d’échelle

«Virgin Media va nous permettre de gagner en économies d’échelles et de bénéficier d’une équipe de gestion de première ordre sur le marché le plus vaste et le plus dynamique pour les médias et les communications en Europe» a souligné Mike Fries, le directeur général de Liberty Global.

Après ce rachat, les ventes de Liberty Global proviendront environ «à 80% de cinq pays attractifs et solides: le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et les Pays-Bas», a-t-il ajouté. Le groupe américain table sur des économies et synergies importantes d’environ 180 millions de dollars par an une fois l’intégration effective.

L’action de Liberty Global a reculé de 2,27% à 67,88 dollars mardi et cédait 0,75% à 67,37 dollars lors des échanges électroniques hors séance officielle. Virgin Media, réagissant à des informations de presse, avait admis plus tôt mardi qu’il était «en discussions avec Liberty Global» au sujet «d’une possible transaction».

Virgin Media est né de la fusion en 2006 des câblo-opérateurs NTL et Telewest et a été rebaptisé en 2007 après l’acquisition de Virgin Mobile.

Vaste présence

Présent dans 13 pays, dont 11 en Europe, Liberty Global avait déjà racheté en 2010 et 2011 les numéros deux et trois du câble en Allemagne, Unitymedia et Kabel BW, pour respectivement 3,5 milliards d’euros et 3,16 milliards d’euros.

Il a en revanche annoncé en janvier avoir abandonné son OPA sur son petit concurrent belge Telenet alors qu’il n’a réussi à monter qu’à 58,3% du capital.

Dans le cadre de son acquisition, Liberty Global veut être enregistrée désormais au Royaume-Uni en tant que filiale d’une nouvelle holding britannique alors qu’il l’est pour l’instant dans l’Etat américain du Delaware. Le siège social de Liberty Global restera toutefois aux Etats-Unis, à Englewood, dans le Colorado (centre-ouest).

Liberty Global, après la transaction, restera coté sur le Nasdaq mais pourrait «mettre en place une cotation en Europe» après la finalisation de l’opération, attendue au deuxième trimestre 2013. La transaction doit encore être approuvée par les actionnaires des deux entreprises et par les autorités de réglementation des deux pays.

John Malone contrôle toutefois plus de 35% des vote de Liberty Global et soutient l’opération. Liberty Global emploie 21000 personnes dans le monde et génère quelque 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an tandis que Virgin Media emploie environ 11500 personnes pour des recettes de 4,0 milliards de livres environ (6,2 milliards de dollars).