La fin du Libor approche. Du moins théoriquement. L’été dernier, Andrew Bailey, qui dirige la FCA, l’autorité des marchés britanniques, le rappelait: «J’espère qu’il est clair que l’interruption du Libor ne doit pas être considérée comme une probabilité lointaine.» C’est lui qui, un an plus tôt, l’ordonnait: ce taux qui sert de référence pour des centaines de milliards de dollars de produits financiers, d’hypothèques ou d’emprunts, qui a fait l’objet d’un gigantesque scandale de manipulation en 2012, doit disparaître d’ici à la fin de 2021.

Dans les faits, les banques ne seront plus tenues de fournir un chiffre chaque jour, qui permet à l’Association des banquiers britanniques (BBA) de calculer celui qu’elle a surnommé le «chiffre le plus important du monde». Les alternatives sont prêtes ou en voie de l’être. La Suisse passera du Libor au Saron. Les Etats-Unis ont opté pour le Sofr, le Royaume-Uni pour le Sonia et le Japon pour le Tona. Tous ces taux existent déjà au moins depuis quelques mois. L’Europe a fait son choix, il s’agira de l’Ester, qui n’est pas encore fonctionnel. Tous ces taux ont en commun de se baser sur des transactions effectives, mais leur fonctionnement peut être très différent.