Technologie

La libra, bête noire de Washington

Les dirigeants de Facebook seront auditionnés la semaine prochaine au Sénat américain sur leur projet de nouvelle monnaie virtuelle. Le camp des sceptiques s’est renforcé suite aux réserves exprimées par le président américain

Mort-née, la libra? En tout cas, la semaine s’annonce longue et critique pour la nouvelle cryptomonnaie promise pour 2020 par Facebook. Ses dirigeants sont convoqués mardi à Washington, où ils seront auditionnés par la Commission des banques et par la Commission des services financiers du Sénat. Le Financial Times (FT) de vendredi cite une source gouvernementale américaine selon laquelle les auditions devraient aller «plutôt mal». Notamment sur la question de la protection des données. En effet, quelques membres du Congrès et de nombreuses autres voix ont déjà demandé un gel pur et simple du projet. Maxine Waters, présidente de la Commission des services financiers, avait déjà haussé le ton dans une lettre adressée à Facebook: «Nous devons protéger nos consommateurs. Nous ne pouvons pas juste les laisser aller en Suisse et commencer à concurrencer le dollar.»

Facebook entend en effet lancer la cryptomonnaie en juin 2020 à partir de Genève. Plusieurs plateformes technologiques dont Uber, Spotify, Visa et MasterCard devraient y investir chacun au moins 10 millions de dollars. Selon le FT, les grandes banques bouderaient la libra, car elles s’inquiètent que celle-ci puisse faire de l’ombre à leur propre projet de monnaie virtuelle.