Innovation

Libra: comment sortir de l’impasse

Après le retrait de plusieurs partenaires importants, le projet de cryptomonnaie piloté depuis Genève fait face à des questions précises de la part des autorités américaines. Mais ses initiateurs semblent incapables d’y répondre. Que faudra-t-il pour débloquer la situation? Se dirige-t-on vers un lancement depuis la Suisse mais avec des interdictions dans certains pays?

Beaucoup d’agilité. C’est ce dont a besoin le projet libra, la cryptomonnaie imaginée par Facebook, déclarait récemment son concepteur David Marcus. Le Genevois d’origine va devoir cultiver cette agilité pour concrétiser ce projet de système de paiement international, qui sera piloté par une association genevoise. L’objectif de la libra est limpide: faire en sorte qu’envoyer de l’argent soit aussi simple qu’envoyer un SMS, et aussi peu coûteux. Sa finalité plus large est louable: permettre au 1,7 milliard d’individus sans compte bancaire dans le monde de pouvoir accéder à des services financiers. Mais avant d’en arriver là, il faudra surmonter la levée de boucliers qui a suivi l’annonce du projet, en juin dernier. Il faudra aussi compenser les départs d’un quart des membres fondateurs de ce projet, dont les géants Visa, Mastercard et eBay.

Le cœur des difficultés vient peut-être de la façon dont ce concept a été dévoilé. Le 18 juin dernier, ses initiateurs n’ont pas présenté de projet abouti, mais essentiellement un objectif (simplifier les virements d’argent) et un moyen (une cryptomonnaie utilisée dans un nouveau système de paiement). Or les autorités américaines, qui ont déjà auditionné David Marcus et Mark Zuckerberg sur le thème de la libra, veulent des réponses claires et immédiates. Que ni l’un ni l’autre n’ont pu leur fournir.