Trente mois en cellule, puis, la liberté. Bradley Birkenfeld est sorti de prison mercredi. L’ex-banquier d’UBS, qui avait révélé comment la première banque suisse aidait certains riches Américains à frauder l’Internal Revenue Service (IRS) – le fisc américain –, a été libéré le 1er août.

«Il va très bien, il est en excellente forme et reste très optimiste», a expliqué au Temps le frère de l’ancien banquier. «Il est quelque part dans le New Hampshire, mais je ne souhaite pas en dire davantage», a précisé encore Douglas Birkenfeld.

Condamné à une peine de 40 mois d’emprisonnement pour «conspiration» en janvier 2010, Bradley Birkenfeld n’en aura finalement passé que 30 derrière les barreaux de l’institution correctionnelle fédérale de Schuylkill, en Pennsylvanie. Il a été relâché plus tôt pour «bonne conduite».

«Le public pourrait entendre parler de ses projets»

«Je ne peux pas faire de commentaires sur ses projets pour le moment, a poursuivi Douglas Birkenfeld. Mais le public pourrait en entendre parler bientôt.» Dans une interview à l’agence Bloomberg, son avocat a déclaré «qu’il voulait continuer à dénoncer le scandale des banques suisses».

Dès 2002, pour le compte de son employeur UBS, Bradley Birkenfeld avait aidé une vingtaine de fortunes américaines à frauder l’IRS. En 2004, les relations entre UBS et le gestionnaire de fortune tournent à l’aigre, la banque reprochant à son employé un «manque de respect des formalités». Le conflit s’envenimera jusqu’à finir devant le tribunal genevois des prud’hommes. Au printemps 2007, Bradley Birkenfeld prend contact avec le fisc américain pour dénoncer les pratiques de la banque, sans toutefois parvenir à négocier l’amnistie réservée aux «lanceurs d’alerte» (whistleblowers). Quelques mois après sa démission, il est arrêté aux Etats-Unis en juin 2008.

Contacté, le Département fédéral de justice et police n’a pas indiqué si un mandat d’arrêt international avait été déposé.