L’immigration en provenance des pays européens est restée stable en 2019. La libre circulation des personnes a plus d’effets positifs que négatifs sur le marché du travail en Suisse. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) a dressé lundi son bilan annuel.

Selon le 16e rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE, le solde migratoire par rapport à l’UE et l’AELE est resté l’an dernier au même niveau que celui de 2018. L’immigration nette en provenance de ces régions s’est montée à quelque 30 700 personnes, contre 31 200 en 2018.

Par rapport à 2013, année record avec l’arrivée nette de 68 000 personnes, le recul est de 55%, selon le rapport. S’agissant des Etats tiers, l’immigration nette a reculé de 2700, à 20 800 personnes en 2019.

Pas de répercussion négative sur l’évolution salariale

Le niveau de l’immigration des pays de l’Union européenne et de l’AELE dépend essentiellement de la demande de main-d’œuvre en Suisse, relève le rapport. Depuis 2010, les effectifs d’Europe du sud et de l’est ont plus augmenté que ceux du nord et de l’ouest du continent. Cette évolution s’explique par la situation conjoncturelle dans ces pays.

On ne constate aucune répercussion négative sur l’évolution salariale de la population indigène. Entre 2008 et 2018, le salaire médian des Suisses a crû de 0,8%. En 2018, il se situait ainsi à 6873 francs, soit de 5,1% supérieur au salaire médian de tous les salariés pris ensemble.

L’immigration liée à l’UE/AELE a aussi des répercussions positives sur le 1er pilier. Du point de vue des rentes AVS et AI, les ressortissants étrangers contribuent de façon déterminante au financement et à la consolidation de la sécurité sociale, selon le rapport.

Un rapport publié dans un contexte politique particulier

La main-d’œuvre immigrée est aussi plus flexible. Elle effectue plus souvent du travail de nuit ou du soir que la population active née en Suisse. L’accord sur la libre circulation des personnes a en outre privilégié l’arrivée de main-d’œuvre hautement qualifiée.

Dans les trois régions linguistiques, cette immigration a joué un rôle essentiel pour la croissance de l’emploi de ces dernières années. Par rapport à la Suisse alémanique, la Suisse romande et le Tessin ont connu une plus forte immigration nette ainsi qu’une croissance plus soutenue de l’emploi frontalier.

Le SECO publie son rapport dans un contexte particulier cette année. Le 27 septembre prochain, les Suisses voteront sur l’initiative «pour une immigration modérée» ou initiative de limitation. Le texte lancé par l’UDC et l’ASIN exige la fin de la libre circulation des personnes avec l’UE pour assurer la mise en œuvre du texte contre l’immigration de masse accepté en 2014 par le peuple.

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