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«Si la libre circulation des personnes est refusée, ce sera la catastrophe»

Thomas Daum, directeur de Swissmem, s'exprime sur les défis à relever, le temps de travail et le chômage des jeunes.

Le Temps: Comment expliquez-vous le ralentissement de la croissance des ventes au dernier trimestre de l'an dernier?

Thomas Daum: La chute du dollar enregistrée depuis le mois d'août a joué un rôle très important. Au début, peu d'entreprises étaient touchées. Mais au final, cela a provoqué un certain ralentissement, renforcé par une incertitude au niveau politique dans le monde. Pour cette raison, nous prévoyons une évolution positive en 2005, même si elle devrait être plus faible que l'an dernier.

– Cette année, quels seront les principaux défis à relever?

– Ils sont avant tout politiques. Nous devons absolument remporter le scrutin du mois de septembre sur la libre circulation des personnes. La nouvelle loi sur les crédits d'exportation doit être acceptée par le parlement. Une nouvelle CCT doit être négociée pour permettre aux entreprises d'augmenter le temps de travail et ainsi leur compétitivité.

– Vous voulez augmenter le temps de travail dans toutes les entreprises?

– Nous ne parlons pas d'une augmentation générale du temps de travail, mais il existe certaines entreprises où cela peut aider. Nous en connaissons même certaines qui ont quitté Swissmem et abandonné ainsi la Convention collective de travail (CCT). Elles avaient besoin d'une augmentation du temps de travail. Ces sociétés ont considéré que les 2080 heures de travail annuel prévues dans la CCT n'étaient pas suffisantes et auraient préféré une certaine flexibilité. Augmenter ponctuellement dans certaines entreprises le temps de travail permet de diminuer les coûts. La moitié des entreprises que nous avons sondées à ce sujet, soit 300, ont relevé que l'augmentation du temps de travail est un sujet de préoccupation majeure.

– La Suisse souffre d'un grave problème: le chômage des jeunes. Comment votre industrie lutte-t-elle contre ce fléau?

– C'est un problème de société pour tous les secteurs. Nous sommes très préoccupés par le chômage des jeunes. Pour nous, le problème ne peut se régler que si les entreprises sont compétitives. Notre place industrielle doit être concurrentielle. Si nous n'arrivons pas à cela, le problème ne sera pas résolu. Ce ne sont pas des mesures ponctuelles qui vont régler le chômage des jeunes. C'est un problème structurel.

– Pour revenir à la question de la circulation des personnes, vous n'êtes pas sur la même longueur d'onde que l'UDC?

– Nous ne sommes pas là pour faire des commentaires sur les partis. Mais nous sommes déçus que l'UDC ne soit pas favorable à l'élargissement de la circulation des personnes aux nouveaux pays de l'Union européenne. Si le projet échoue, ce sera une véritable catastrophe pour nous.