Parallèlement à son concurrent historique germanique Aldi, le «hard discounter» allemand Lidl tisse sa toile en Suisse, secrètement. La chaîne de magasins ne répond à aucune question ni ne donne d'informations. Mais, d'après l'hebdomadaire alémanique NZZ am Sonntag, Lidl a obtenu un permis de construire à Näfels (GL), lieu où il devrait implanter son centre logistique et son siège administratif. L'assemblée générale de la commune glaronaise a avalisé vendredi soir le déclassement d'un terrain de 85 000 m2. Cette implantation pourrait permettre la création de près de 400 emplois. Outre cette issue favorable, Lidl attend un permis de construire à Sursee (LU). En revanche, la situation est toute différente à Emmen (LU), où le Conseil communal ne souhaite pas accorder à Lidl une autorisation de construire.

Comme le site internet l'indique, le «hard discounter» allemand est intéressé par l'achat, le permis de construire ou la location de terrains ou d'immeubles dans des localités de plus de 10 000 habitants. Pour son expansion, Lidl a d'ailleurs ouvert trois bureaux: à Frauenfeld (TG), à Bâle et à Berne.

Plus de 420 magasins ouverts en 2003

En Europe, la croissance de Lidl a été fulgurante. En moins de dix ans, le numéro deux allemand du «hard discount» a développé un des plus grands réseaux d'Europe avec 5600 filiales dans plus de vingt pays. Rien qu'en Allemagne Lidl a ouvert 422 magasins en 2003. Tout comme Aldi, Lidl offre un assortiment de produits restreint, à bas prix: 1200 références. Sur les articles de marque, l'entreprise fondée par Dieter Schwarz au début des années 70 a enregistré en 2003 une progression de ses ventes de 28%. En revanche, ses produits démarqués, soit les deux tiers de l'assortiment global, ne marchent pas aussi bien. Mais, globalement, le chiffre d'affaires de Lidl a néanmoins progressé de 12% en 2003, d'après l'Institut de recherche sur la consommation GfS.

Malgré ce succès, des voix syndicales s'élèvent contre les conditions de travail des employés.