C’est sans doute le début d’un long bras de fer entre Facebook et l’Union européenne. En début de semaine, les autorités de protection des données des 28 Etats membres ont lancé une nouvelle alerte. Ils soupçonnent le réseau social de chercher à créer des liens avec WhatsApp, dont il est propriétaire depuis 2014. Facebook voudrait échanger des données avec le service de messagerie instantanée sur smartphone, avec a priori l’intention d’en faire bénéficier les annonceurs. WhatsApp compte plus d’un milliard d’utilisateurs.

La manœuvre n’est pas du goût du G29 (ou Article 29), l’organisme qui regroupe les autorités de protection des données des 28 Etats membres de l’Union européenne. Interrogée par Bloomberg, sa présidente, Isabelle Falque-Pierrotin, affirme que Facebook sera probablement la cible de «mesures additionnelles» de sa part. Le G29 doit se réunir en décembre. «Vu les preuves que nous avons, les sociétés (Facebook et WhatsApp, ndlr) ont cessé de fusionner des données, mais sans doute pas pour tous les services de WhatsApp. C’est un peu plus compliqué que cela», a affirmé Isabelle Falque-Pierrotin.

«De meilleures publicités»

Fin août, Facebook avait pour la première fois évoqué un partage de données avec WhatsApp. «En connectant votre numéro de téléphone avec le système de Facebook, Facebook va pouvoir […] vous montrer de meilleures publicités», affirmait alors la société, exigeant des utilisateurs de WhatsApp qu’ils acceptent les nouvelles conditions générales. Face aux craintes manifestées rapidement par le G29, WhatsApp a réagi. Mi-novembre, l’AFP apprenait que la messagerie avait cessé temporairement, en Europe, de partager des informations avec sa maison mère à des fins publicitaires. Mais vu les propos d’Isabelle Falque-Pierrotin cette semaine, l’affaire risque de ne pas en rester là.

Que fera Facebook de WhatsApp, pour l’heure vierge d’annonces? C’est la grande question. Début novembre, Mark Zuckerberg, directeur du réseau social, glissait: «Nous allons vraiment travailler sur la prochaine phase l’année prochaine.» Pour l’heure, les utilisateurs de WhatsApp ont constaté, il y a quelques jours, que le service permettait d’effectuer des appels vidéo. Cet été, sur son blog, la société esquissait les services du futur: être «contacté par votre banque concernant une opération potentiellement frauduleuse» ou par exemple être «informé par une compagnie aérienne que votre vol est retardé». «Nous voulons tester ces fonctionnalités dans les prochains mois», expliquait alors la société.

Messenger évolue

De son côté, le service Messenger de Facebook évolue de manière visible. Il compte déjà 33 000 chabots, permettant de converser avec des entreprises. Et mardi, le réseau social a lancé 17 jeux sur sa plateforme dans une trentaine de pays.


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