Que faire face à l’appréciation du franc par rapport à l’euro ? La question a été largement débattue lors de la conférence de presse annuelle d’economiesuisse qui s’est tenue lundi matin à Zurich. Patrick Odier, vice-président de l’association faîtière, a souligné que l’industrie des services financiers est consciente que le franc fort pèse sur les entreprises exportatrices et qu’elle s’efforce de trouver des solutions avec les entreprises concernées. Toutefois, le président de l’Association suisse des banquiers estime que la force du franc est le résultat «de la faiblesse des conditions économiques en Europe, plutôt que de la spéculation des banques ».

Il souligne aussi qu’une grande partie des volumes échangés sur les marchés des devises sont aujourd’hui effectués par d’autres acteurs que des instituts bancaires. «L’essentiel des volumes échangés en termes de devises sont réalisés sur les marchés internationaux, donc largement en dehors des deux grandes banques helvétiques. De plus, beaucoup de ces échanges sont effectués par des sociétés n’appartenant pas au secteur bancaire », a souligné Patrick Odier.

Pas de «Gentlemen’s agreement »

Dans ce contexte, le Genevois ne voit pas la nécessité de mettre en place aujourd’hui un pacte entre l’économie et les banques qui obligerait ces dernières à refuser toutes les opérations susceptibles de renchérir le franc. «Il n’y a pas de nécessité à mettre en place un gentlemen’s agreement », a-t-il déclaré, en référence aux mesures qui avaient été mises dans les années 1970 pour lutter contre la cherté de la devise helvétique.

Des milliards seraient nécessaires pour stabiliser le franc

Gerold Bührer, le président d’economiesuisse, doute lui de l’utilité des intervention directes sur les marchés des devises. Lier le franc à l’euro ne lui paraît pas non plus une solution envisageable, compte tenu du niveau trop faible de la devise européenne. «Un cours de 1,25 franc par euro serait trop bas. Et pour obtenir un cours supérieur comme 1,4 franc par euro, la Banque nationale suisse devrait engager une somme à trois chiffres en milliards. Lier le franc à l’euro n’est donc pas envisageable », estime le président d’economiesuisse.