C’était un navire échoué, une carcasse de métal et de verre à la dérive. Envahi de rouille et de salissures, ses tentures arrachées, il avait, jusqu’en 2007, la sombre beauté d’un vaisseau fantôme, gardant sa splendeur sous les outrages du temps. L’immeuble Clarté conçu par Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret dans le quartier de la Terrassière à Genève en 1932 sur mandat de l’industriel genevois Edmond Wanner, qui en réalisa l’ossature métallique, est à la fois un chef-d’œuvre de l’architecture moderne dans sa vision avant-gardiste d’une habitation ouverte sur le monde et un gouffre financier.

L’ouvrage virtuose aurait dû à l’origine s’insérer dans un plan de quartier comportant plusieurs habitations de même type, qui n’a jamais vu le jour. Véritable révolution dans sa conception – structure métallique porteuse permettant de construire en plan libre des appartements allant du studio au duplex, préfabrication industrielle des éléments pour un assemblage «à sec», façades-rideaux opposées entièrement vitrées et orientation très particulière, mur pignon donnant sur la rue – le bâtiment recèle, à l’intérieur, des prodiges d’innovation (fenêtres coulissantes, toit-terrasse, balcons recouverts de plancher de bois,…). Sa résurrection est émaillée d’épisodes douloureux (la Ville de Genève n’ayant pas versé un centime pour sa restauration), mais aussi de moments de grâce dus à la mobilisation exceptionnelle de quelques passionnés (architectes, historiens, financiers) pour lui rendre son âme.

Parmi ceux-ci, trois acteurs importants de ce chantier presque abouti ont accepté de nous relater des pans de l’histoire de l’immeuble Clarté, de sa réalisation à sa restauration: Jacques-Louis de Chambrier, architecte en charge des travaux de restauration, Sabine Nemec-Piguet, directrice générale de l’Office du patrimoine et des sites du canton de Genève et Pierre Albert Ducret, administrateur de la Copropriété Clarté.

Un génie pas toujours reconnu

Le Temps: Sur un forum du Net, on peut lire des messages du genre «c’est dégoûtant, ce bâtiment est une verrue, il faut le raser…» Comment expliquer un tel rejet?

Sabine Nemec-Piguet: On rejoint là le problème de la popularité de l’architecture de l’entre-deux-guerres, du mouvement moderne. Comme Le Corbusier a servi de modèle à toute l’urbanisation d’après-guerre – la Cité radieuse, les barres dans les parcs – qui n’a pas eu que des effets positifs, il a eu son revers… C’est à la suite de ce mouvement qu’on a construit toutes les banlieues (en particulier en France), tout le développement de la ville s’est fait de cette façon, pour le meilleur mais surtout pour le pire. Il y a eu en France un effet très pervers dans les années 70, quand la population initiale a quitté ces immeubles parce qu’on leur a offert l’acquisition du petit pavillon. Les locataires de ces grands ensembles ont été remplacés par une population d’immigrés. Dans les années 70, c’est un modèle qui a été rejeté de manière assez forte, que ce soit par les sociologues, la nouvelle génération des architectes, les pouvoirs politiques, etc.

– On a donc mal interprété l’architecture corbuséenne?

S. N.-P.: Oui. Au départ, il y avait cette approche de la table rase, les architectes voulaient raser la ville ancienne, à part le noyau médiéval, et la reconstruire selon les conceptions modernes. Mais ça a été mal compris, mal appliqué. Quand on étudie dans le détail l’immeuble Clarté, on se dit que Le Corbusier était un architecte génial qui avait une sensibilité incroyable. Il avait des règles mais y dérogeait tout le temps parce qu’il apportait sa touche personnelle.

– Sur quelles fondations conceptuelles Le Corbusier a-t il bâti l’immeuble Clarté?

Jacques-Louis de Chambrier: Cet ouvrage expérimental n’est pas l’œuvre uniquement du Corbusier. C’est l’industriel Edmond Wanner qui était le propriétaire, le promoteur et le constructeur: c’est donc un immeuble de constructeur métallique et ça se voit à tous les niveaux. Ce bâtiment représente un essai de modernité radical, et en même temps on a utilisé les modes de construction habituels à Genève: cloisons en briques de terre cuite, solivages comme dans tous les ouvrages du XIXe siècle, etc. Pour l’époque, un immeuble comme celui-ci résulte d’une vision très absolue: entièrement en acier, avec des façades-rideaux comme dans les bâtiments révolutionnaires du Bauhaus, offrant un maximum de lumière avec du verre du haut en bas. Ce qui est révolutionnaire, c’est que la structure en acier est portante – la façade mixte en bois et en acier étant juste fixée – et qu’il y a des doubles vitrages partout. Il faut vraiment se remettre dans le contexte d’après la Première Guerre mondiale: c’était la reconstruction de l’Europe. Il fallait trouver des moyens de construction en masse qui correspondent aux mouvements idéologiques nouveaux. Le Corbusier prônait son idéal de nouveau monde, une sorte d’utopie sociale et hygiéniste: une salle de bains dans chaque appartement, pouvoir cuisiner à l’électricité… Ce mythe hygiéniste était poussé très loin: il y avait à chaque étage un système de dévaloir combiné à un incinérateur en bas… Et il y avait aussi cette volonté d’être relié au reste du monde, de se projeter dans l’espace. Cet immeuble participe de cette idée de la transparence et de la lumière, de l’hygiène et de l’espace.

– Quel a été le rôle exact d’Edmond Wanner dans la construction?

J.-L. C.: Wanner faisait des portes de garage, des portes pour les hangars d’avions, il était passionné de métal. Par exemple à l’intérieur des duplex, les escaliers sont en métal avec des marches en bois dessus. C’est une construction intuitive, comme un sculpteur qui prendrait son chalumeau et ferait une grande sculpture. Cette construction a une homogénéité au niveau métal qui est assez rare et unique dans l’œuvre du Corbusier. Un habitat tout en acier, c’était exceptionnel en 1931.

– En raison de son délabrement, l’immeuble a été plusieurs fois menacé de démolition dans les années 70. L’aura du Corbusier n’était-elle plus aussi grande dans ces années-là?

S. N.-P.: Si, mais le bâtiment n’était pas tellement aimé. Ce sont des architectes qui se sont mobilisés pour le conserver. Et le bâtiment a été classé Monument historique en 1986.

– Pourquoi a-t-il fallu attendre 1986 pour qu’il soit classé?

S. N.-P.: C’est indécent d’avoir attendu aussi longtemps. Dans les années 70-76, il y a eu une première discussion pour savoir si on allait classer l’immeuble, on n’était pas sûr qu’il soit vraiment du Corbusier parce que les plans étaient signés d’Edmond Wanner. Le Corbusier a eu des rapports difficiles avec Genève puisqu’il avait remporté le concours pour le Palais des Nations en 1927 et qu’il avait été disqualifié, la réalisation en étant attribuée à un architecte traditionaliste, alors que lui avait conçu un palais moderne.

– Pourquoi l’Unesco a-t-elle refusé de classer le bâtiment au Patrimoine de l’humanité?

S. N.-P.: C’est la première fois qu’on faisait une inscription sérielle (il y avait plusieurs objets Le Corbusier: en Suisse, en France, en Inde…). Ils doivent réétudier la question.

Les défis de la restauration

– La rénovation s’est faite selon la Charte de Venise (Charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites). Quelles en ont été les contraintes?

S. N.-P.: Cette Charte, qui date de 1964, est le guide en matière de conservation du patrimoine. Elle a introduit l’obligation de respecter les époques de transformation d’un édifice sans renier telle période ni en privilégier une autre. Il y a un point que cette Charte défend, c’est la réversibilité des interventions nouvelles. On intervient sur un bâtiment pour autant qu’on puisse toujours garantir la réversibilité. Concernant les couleurs, par exemple, il suffit d’enlever les couches de peinture successives pour retrouver la peinture originelle.

– A-t-on retrouvé les couleurs d’origine?

P. A. D.: Un immense travail d’investigation a été fait. Les seuls éléments dont on n’a pas retrouvé la teinte d’origine, ce sont les toiles de tente: les photos de l’époque étant en noir et blanc, difficile d’identifier la couleur qu’avait choisie Le Corbusier. Malheureusement, les toiles ont été changées plusieurs fois… Et on n’a même pas retrouvé au démontage un minuscule bout de tissu qui aurait été coincé quelque part…

J.-L. C.: On a choisi un rose léger, celui qu’on retrouvait sur toutes les écoles en Suisse alémanique dans les années 30 et aussi en Suisse romande. Dans les années 70, l’architecte Hausermann avait décidé de mettre des stores orange mais c’était un peu agressif.

S. N.-P.: Vous voyez par exemple la couleur bleu-gris, bleu comme le ciel, de la paroi à l’intérieur, elle n’existait plus nulle part. C’est uniquement en faisant des recherches qu’on a retrouvé la teinte d’origine dissimulée sous les couches de peinture successives. Ce ton de bleu est très intéressant car il montre cette volonté du Corbusier de faire sauter les barrières architecturales. Ce mur bleu qui s’identifie au ciel, en prolongement de la partie vitrée sur toute la longueur, participe de cette idée de «faire disparaître la paroi» dans un esprit d’ouverture, de liberté…

– Vous vous êtes naturellement basés sur la polychromie du «clavier de couleurs» élaboré par Le Corbusier?

J.-L. C.: Ces palettes ont été faites au cours du temps, elles évoluent. Katrin Trautwein, la directrice de kt.Color, qui est dépositaire de la gamme de couleurs Le Corbusier, a créé une petite palette complémentaire pour l’immeuble Clarté. Par exemple, elle a changé un petit peu le gris. Dans un immeuble comme ça, vous trouvez 15 gris différents. A l’époque, on faisait ça à l’œil. Mais on a retrouvé pas mal de couleurs d’origine: le vert wagon qui est sur toute la façade (c’est un vert presque noir), correspond à une terre d’ombre brûlée. C’est la couleur des diligences et des malles-poste au XVIIIe siècle, faite avec ces fameuses terres d’ombre plus une couche d’huile dessus qui donnait cette couleur. Elle a été reprise par Le Corbusier qui aimait les bateaux, les voitures, les avions, et accessoirement le chemin de fer, ce qui est aussi un signe de modernité. Cette couleur a une culture. On a du vert marin pour les superstructures et les garages. Le Corbusier parle de ces notions d’espace où on est un peu comme dans un aquarium et qu’on retrouve ici: intérieur des balcons bleu, extérieur vert. Mais ces palettes ne représentent pas toutes les possibilités. Il faut toujours laisser de la marge aux inventions, aux besoins du moment. Le Corbusier était un artiste et sa palette est le résultat de toutes les expériences qu’il a faites et qu’il a confrontées à la réalité.

– Qu’en est-il des normes de sécurité?

J.-L. C.: Il a fallu faire des protections contre le feu. Ici il n’y a pas de dalles, ce sont des planchers avec de la paille, cette fameuse solomite. C’est dangereux. A l’origine, il y avait des courettes de haut en bas: c’était comme des cheminées, le feu pouvait se propager. On a les a condamnées et on a mis une ventilation mécanique. Il n’y a pas eu de protection contre le feu pendant plus de septante ans, mais il existe plein de choses qui fonctionnent depuis mille ans sans les normes de protection actuelles, heureusement!

– Après restauration, quels sont les plus gros changements?

P. A. D.: Avant les travaux, la verrière des cages d’escalier n’en était plus une, elle était extrêmement sale, totalement opaque. Maintenant on a vraiment un puits de lumière.

S. N.-P.: Les couleurs originelles sont réapparues: il y a le jaune sable des murs, le vert de la cage d’escalier, le brun-noir des dalles, des porteurs horizontaux. Les teintes sont très joyeuses.

– Avez-vous rencontré des problèmes de savoir-faire disparus?

P. A. D.: Nous avons fait appel, entre autres, à l’entreprise Batimétal d’Yverdon qui a fait le plus gros morceau sur le chantier (acier et verre). Ils ont fait un travail extraordinaire.

S. N.-P.:. Ils se sont donné la peine de refaire l’accrochage des balcons avec des rivets qu’on utilisait dans les années 30, maintenant ça n’existe plus. Ils ont envoyé sur le chantier un ouvrier d’origine algérienne car en Algérie on utilise encore énormément de rivets dans la construction.

P. A. D.: Aujourd’hui, on aurait simplement fait des soudures. Je vois toujours les yeux pétillants de plaisir de cet artisan qui n’avait pas fait de rivetage à chaud depuis longtemps…

– Avez-vous dû faire face à des gros défis? Des impossibilités?

S. N.- P.: Oui, pour le roulement des fenêtres coulissantes qui sont très grandes.

J.-L. C.: Toutes les fenêtres ont été démontées et remontées. Pour faire fonctionner la première fenêtre, ils ont mis un mois et demi…

P. A. D.: Elles coulissent toujours de la même manière. Elles étaient initialement sur des billes d’acier, mais tout était très encrassé. Ça a été refait à l’identique mais à cause des couches de peinture successives, on n’avait pas la même hauteur et les billes d’origine ne glissaient plus. Les ouvriers ont dû jouer avec des billes de différents diamètres pour arriver à retrouver les réglages. Restaurer un bâtiment classé comme l’immeuble Clarté, c’est de l’horlogerie fine, tout est démonté pièce par pièce. Tout ce qu’on peut conserver est gardé et ce qui est trop abîmé doit être refait à l’identique de la fabrication originelle.

J.-L. C.: Tous les éléments métalliques de la façade (balcons, caissons de store, balustrades, etc.) ont été démontés, sablés, peints et remontés. L’entreprise Jean-Pierre Conti a refait le moule des briques de verre Nevada. Elles étaient cassées à 95%. Sauf le coin du restaurant qui a été conservé intégralement. Toute la façade pignon a été habillée de travertin romain.

Les aléas du financement

– Quelle était la rentabilité de l’immeuble à l’époque?

J.-L. C.: Cet immeuble a été un poids financier pour Wanner, qui ne s’en est jamais sorti comme promoteur, il a perdu beaucoup d’argent.

– Pourquoi cette restauration a-t-elle été décidée si tardivement?

P. A. D.: Dans les années 70, une rénovation assez importante est entreprise, conduite par l’architecte Bruno Camoletti. A l’époque, l’immeuble, habité par des locataires, était en mains de la SA Clarté dont l’objectif était de le vendre et de le passer en copropriété. On a repeint, retapé les balcons, mais pas dans l’esprit d’une restauration.

S. N.-P.: L’Etat de Genève avait très peur des conséquences financières. Il avait raison… Mais c’est inacceptable! Pour une ville comme Genève, c’est un grave signe d’inculture.

– La Ville de Genève n’a pas participé financièrement à la restauration?

S. N.-P.: Non, elle n’a pas voulu. Ce sont l’Etat de Genève et la Confédération qui l’ont financée en partie. Les sommes en jeu sont énormes: 1 500 000 francs pour le canton, et à peu près autant de la part de la Confédération.

P. A. D.: C ’est la première fois qu’il y a eu un tel subventionnement destiné à un bâtiment en mains de privés.

– Quelles ont été les étapes du financement?

P.A. D.: Nous avons repris la gestion de cet objet en 2001 et j’étais personnellement très dubitatif quant à l’état des finances et face à l’état du bâtiment… Et de 2001 à 2003, nous n’avons vraiment rien fait d’autre que de mettre des rustines chaque fois que ça fuyait quelque part. Parce qu’on n’avait aucun moyen financier.

Dans la gestion normale d’un immeuble en copropriété, on se doit de faire en sorte de sauvegarder le patrimoine si on veut que le capital en mains du copropriétaire perdure et conserve toute sa valeur, qu’il soit classé ou pas, il faut donc entretenir le bâtiment. Une minorité de copropriétaires étaient d’accord. Mais la majorité, qui détenait à peu près 60% du bâtiment, était en mains de la SA Clarté qui avait été mise en faillite. La SA appartenait aux architectes Hausermann et Camoletti qui avaient participé, dans les années 70, à racheter le bâtiment. A l’époque ils avaient les moyens et puis, c’est de notoriété publique, ils se sont retrouvés à avoir plus de 20 millions d’endettement hypothécaire…

Le dossier de l’immeuble Clarté ayant basculé dans la Fondation de valorisation de la Banque cantonale, cela a donné lieu aux réflexions suivantes: soit on le vendait à l’état de ruine, donc à bas prix, pour se débarrasser du bien, soit on le retapait pour essayer d’en tirer un meilleur prix. C’est cette option qui a été choisie pour diminuer d’autant la perte qu’avait subie la Banque cantonale à l’époque. La pression exercée par la Conservation du patrimoine sur le canton de Genève était, pour moi, un allié de poids car j’avais un argument que je pouvais donner aux propriétaires: «Si on ne fait rien, l’Etat va le faire d’office et vous obligera à vendre pour se rembourser.» La copropriété, en relation avec le conservateur cantonal de l’époque, a commencé à mettre au point un mode d’emploi pour lancer l’opération de restauration.

En tant que propriétaire de 60% des parts, la SA Clarté avait un poids très fort au sein des créanciers. Un travail de consultation s’est fait entre le conservateur, la Fondation de valorisation et moi-même. Mais il fallait encore l’avis des 40% restants. Ils étaient bien entendu partisans de faire quelque chose puisqu’il s’agissait des propriétaires qui habitaient dans l’immeuble!

En 2003, l’assemblée générale de la copropriété a accepté d’engager les travaux de restauration. On n’avait pas encore 1 centime mais le doigt était mis dans l’engrenage. Et nous sommes arrivés à une fameuse assemblée générale où les gens ont voté à l’unanimité un budget de 14, 2 millions! Cette somme comprenait le soutien du canton et celui de la Confédération.

S. N.-P.: Les ventes aux enchères (publique et privées) ont confirmé le raisonnement de la fondation de revalorisation de la BCG car les prix ont largement dépassé l’estimation: les lots se sont vendus à plus de 10 000 fr. le mètre carré, sans les travaux intérieurs.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’immeuble a pratiquement retrouvé son éclat d’antan. Parmi les 48 appartements, nous en avons visité deux: l’un sur le toit, appartement «wagon» au plafond voûté comme une coque de navire à l’envers, offrant une vue magistrale sur la ville et sur la Rade et un autre en duplex, avec ses parois coulissantes, sa double hauteur vitrée, son escalier de bois et de fer, où l’avocat occupant les lieux avoue qu’il lui serait impossible d’habiter ailleurs… Inutile de préciser que les lots ont tous trouvé preneurs à l’heure où le design industriel du XXe siècle séduit toujours davantage par son étonnante modernité intemporelle et sa pureté esthétique.