Le nombre d’actes terroristes à travers le monde n’a cessé d’augmenter depuis les années 2000, tandis que les Américains n’ont jamais été aussi inquiets à propos de nouvelles attaques. Graphiques à l’appui, Robert Wescott, ancien conseiller de Bill Clinton et président de la société d’analyse Keybridge Research, a dressé un état des lieux détaillé des menaces géopolitiques lors d’une présentation organisée mercredi à Zurich par Pioneer Investments, dont il est aussi membre du comité d’analyse macroéconomique. Les incidents de nature terroriste ont été multipliés par trois entre 2004 et 2014. Et lors d’un sondage effectué début décembre, 43% des Américains interrogés déclaraient juger «très probable» la survenance d’attaques terroristes aux Etats-Unis au cours des prochains mois, contre seulement 15% en octobre 2014.

Pourtant, les risques accrus concernant la sécurité n’ont eu jusqu’ici que relativement peu d’impact sur la marche de l’économie, constate l’expert qui a travaillé aussi pour le FMI. Les attentats du 11 septembre 2001 n’ont ainsi affecté la confiance des consommateurs que de manière limitée, tout comme ceux de Londres en juillet 2005. «Les coûts résultant du terrorisme dépendent beaucoup plus des décisions prises par la société et les réponses qui y sont apportées, plutôt que des charges qui en résultent directement», a poursuivi Robert Wescott. Dans le cas de «9/11» comme le décrivent les Américains, les charges liées aux décès et aux dommages physiques directement attribuables aux attentats, estimés à 55 milliards, n’ont représenté que 2% des quelque 3300 milliards de dollars de coûts globaux qui ont résulté de la destruction des tours du World Trade Center. Malgré les coûts croissants liés à la lutte contre le terrorisme, les dépenses militaires aux Etats-Unis représentent aujourd’hui 4% du produit intérieur brut (PIB), contre 9% durant la Guerre froide, a-t-il mis en perspective.

Les Etats-Unis peuvent surmonter le ralentissement en Chine

Le ralentissement de l’économie chinoise affectera aussi les Etats-Unis. «Les signes de ralentissement sont généralisés», estime le docteur en économie. Pour autant, les effets directs de cette évolution sur l’économie américaine peuvent eux aussi être surmontés, estime Robert Wescott. Si les exportations des Etats-Unis vers la Chine chutaient de 10%, l’impact négatif sur le PIB américain ne serait que de -0,1%. Même en incluant les effets indirects, estimés à -0,2%, liés aux turbulences dans les pays émergents, le ralentissement de l’économie chinoise ne réduirait la croissance du PIB américain que de 0,3%. En termes de programme de relance, les efforts cumulés au niveau des gouvernements régionaux et centraux peuvent augmenter le PIB chinois à hauteur de 0,6%, souligne-t-il. En revanche, le ralentissement observé en Chine aura un effet négatif plus grave s’il entraînait un «cycle de déflation globale». Ce n’est toutefois pas ce qui menace les Etats-Unis à court terme. Interrogé à propos de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), Robert Wescott estime au contraire que «la hausse des salaires aux Etats-Unis sera le sujet de l’année 2016». C’est une réalité dans de nombreuses activités, notamment les services, et la Fed devra en tenir compte, analyse-t-il.