Oscar Recouso, directeur de l'Investment Club Network (ICN) de Gland, ne se laisse pas démonter par le retournement de conjoncture. Il a commencé ses activités il y a cinq ans, en pleine euphorie boursière. En octobre dernier, après une rencontre avec Martin Weiss, un spécialiste des marchés baissiers, la stratégie des cours ICN (qui ne fait pas de conseil direct aux investisseurs) a été complètement revue. «Il y a actuellement plus d'opportunités pour faire de l'argent à la baisse», dit Oscar Recouso, convaincu que la chute du Dow Jones «ne va pas s'arrêter là», car «les entreprises mais aussi les gouvernements mentent sur l'état réel de la situation». La chute étant généralement plus rapide que les appréciations de cours, les possibilités de gains à court terme sont élevées. Dans cette optique, la notion de rendement durable est évidemment tout à fait secondaire, et Oscar Recouso refuse de s'y aventurer, concédant qu'à plus long terme, on retrouvera un marché haussier. Mais pour l'instant, il préfère se concentrer sur «le ménage en train de se faire» et jouer contre les sociétés les plus faibles. Il reconnaît que cette façon d'investir reste «mal comprise et mal vue», à tort selon lui: «Qu'est-ce qui est mieux: faire du «short selling» ou se retirer complètement?». En clair, contribuer à un nettoyage plus rapide des marchés vaut mieux qu'une attitude passive.

Pas d'états d'âme, donc. D'ailleurs, Oscar Recouso fuit comme la peste les réactions émotionnelles: «Je suis un investisseur qui ne lit jamais les journaux», dit-il. Des faits, c'est tout – si possible avant les autres. Quand on le pousse un peu, il reconnaît que la Bourse est plus difficile à rendre sexy avec cette approche. L'Investment Club Network (quelque 500 membres en Suisse romande) peine à recruter de nouveaux membres, dont le nombre a reculé de moitié. Faudrait-il le jouer à la baisse?