L’importance de Genève pour Internet s’accroît

Sommet La Geneva Internet Conference s’est achevée mercredi. Elle concurrençait un sommet critiqué en Chine

Genève veut faire sa place sur la carte mondiale des villes qui comptent pour Internet. Mais la concurrence est rude.

«Chaque semaine, deux à trois conférences sur la gouvernance du Web sont organisées dans le monde. Mais je suis certain que Genève a de solides atouts pour se distinguer», a affirmé mercredi Jovan Kurbalija, directeur de la DiploFoundation. Cet organisme spécialisé dans la formation des diplomates aux enjeux stratégiques d’Internet organisait, avec le soutien de la Confédération, la première édition de la Geneva Internet Conference. Durant deux jours, 200 représentants politiques, notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne, ainsi que des acteurs du secteur high-tech et de la société civile ont débattu de la gouvernance d’Internet. Fadi Chehadé, le directeur de l’Icann, organisme gérant une grande partie du Web, y a fait une apparition éclair.

A Genève, les experts ont avant tout parlé protection des données et vie privée. «J’ai bon espoir que nous puissions bientôt organiser d’autres événements de ce type à Genève. Nous avons ici une approche très pragmatique des problèmes et je pense que les solutions que nous esquissons pourront, à l’avenir, avoir une influence sur les pratiques de Google ou Facebook. De plus, la plupart des acteurs importants d’Internet sont déjà présents à Genève», a poursuivi Jovan Kurbalija. Et de citer Phil Zimmermann, qui a installé sa société de sécurité informatique Silent Circle à Genève, ou encore Robert Kahn, l’un des inventeurs d’Internet, qui vient d’y implanter sa fondation Dona.

Côté juridique, l’Université de Genève tiendra en juin 2015, après une première édition cet été, des conférences sur les conflits juridiques sur Internet, a annoncé mercredi Jacques de Werra, professeur de droit des obligations et de droit de la propriété intellectuelle à la Faculté de droit.

Wuzhen se profile

La Chine organise cette semaine à Wuzhen, non loin de Shanghai, sa World Internet Conference. Des dirigeants des plus grandes firmes internet chinoises (Alibaba, Baidu, Tencent) y sont présents, ainsi que des cadres de sociétés américaines comme Qualcomm et LinkedIn. Un sommet vivement critiqué par Amnesty International, qui accuse la Chine de vouloir faire la promotion de son système de censure du Net. Que penser de cet événement? «J’y étais invité, mais j’organisais déjà cette conférence à Genève, sourit Jovan Kurbalija. Certes, tous les sujets ne seront sans doute pas débattus en Chine. Mais je trouve positif que ce pays amorce un dialogue global sur certaines questions.» Selon des journalistes présents sur place, l’accès à Google, censuré dans tout le pays, a été rétabli à Wuzhen le temps de ce sommet.