Gestion de flotte

De l’importance de rester aux aguets

Un exploitant de flotte ne peut rester indifférent à la manière dont le réseau routier suisse est appelé à se développer. Et il doit également rester très attentif à son financement

La limite des 20 000 heures est depuis longtemps dépassée. En 2014, 21 541 heures de bouchon ont été enregistrées en Suisse, soit 4,6% de plus que l’année précédente. Quoique les chiffres ne soient pas encore disponibles, 2015 ne devrait pas échapper à la malédiction, loin de là. La cause essentielle, à hauteur de 85%, de cette situation est la surcharge de trafic. Suivant la manière de calculer et d’interpréter ces chiffres, les heures de stase entraînent des coûts jusqu’à 2 milliards de francs. Désormais, ni à droite ni à gauche on ne conteste qu’il faut apporter un remède à une telle évolution. En revanche les solutions suggérées divergent.

Le Conseil des Etats paraît être sur la bonne voie. Il y a un bon mois, il s’est prononcé en faveur d’un fonds non limité dans le temps (FORTA) servant à financer les routes nationales et le trafic d’agglomération. En incluant l’Arrêté sur le réseau des routes nationales 2012 et le Programme de développement stratégique (PRODES), il y aurait selon la Fédération routière suisse (FRS) moyen de surmonter enfin la paralysie dans la planification et l’investissement qui retardent la suppression des goulets d’étranglement. C’est du moins une première approche. La Confédération et les cantons seraient contraints de veiller à une infrastructure routière suffisante, répondant aux besoins. Autrement dit, FORTA – si ce fonds est mis en œuvre – serait la première étape importante de la modernisation indispensable et urgente du réseau routier dans toutes les régions du pays. Il permettrait de combler les retards accumulés par le réseau routier au fil de ces deux dernières décennies et d’atteindre enfin les objectifs du réseau national d’autoroutes. A noter que ce réseau a été fixé en… 1960 !

En revanche, le secteur économique lié à l’automobile ne saurait se déclarer d’accord avec le mode de financement de FORTA. De nouvelles hausses de taxes et de redevances, notamment sur le carburant, sont catégoriquement rejetées par la FRS.

L’économie, et avant tout les exploitants de flottes, ne peuvent se permettre de rester indifférents face au réseau routier et surtout à son mode de financement. C’est pourquoi les exploitants de véhicules d’entreprise, qui ont besoin de pouvoir compter sur des liaisons routières fonctionnelles, avec aussi peu de bouchons que possible, seraient bien avisés d’observer de près les développements politiques en la matière. L’Association suisse des exploitants de flotte (SFFV) évite en général de prendre des positions politiques. Mais avec l’initiative «vache à lait» soumise au peuple le 5 juin prochain, les professionnels des flottes auront au moins l’opportunité de donner leur avis sur les options à prendre en matière de trafic routier.

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