Arts graphiques

L'imprimerie SRO-Kundig ferme ses portes à Genève

L'imprimerie SRO-Kundig, employant une trentaine de personnes à Versoix (GE), a fermé ses portes. Les travailleurs ont été licenciés jeudi avec effet immédiat

«C'est très regrettable pour le canton de Genève. On constate un délitement complet des structures dans les arts graphiques», a déclaré vendredi à l'ats le secrétaire syndical en charge des arts graphiques chez syndicom Alexis Patino, confirmant une information publiée par L'Agefi.

La faillite de SRO-Kundig, une entreprise familiale fondée en 1832, a été annoncée brutalement jeudi aux employés. Les machines ont été arrêtées sur les coups de midi et les travaux en cours suspendus.

Selon syndicom, la direction s'est engagée à payer les salaires pendant trois mois. Une assemblée générale du personnel est prévue mardi.

«Nous savions que la situation était difficile. Quelques licenciements avaient déjà été prononcés, mais tout le personnel a été surpris de la brutalité de cette annonce», a affirmé Alexis Patino.

Victime du franc fort

«Le franc fort est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. C'est le cas pour toutes les entreprises qui avaient déjà des difficultés», a-t-il ajouté. SRO-Kundig avait employé jusqu'à 70 personnes il y a dix ans, avant de réduire progressivement ses effectifs. Beaucoup de travaux sont partis à l'étranger.

Selon Stéphanie Vonlanthen, directrice générale et actionnaire majoritaire, citée par L'Agefi, l'abandon du taux plancher en janvier a provoqué la perte de clients importants et il manquait 1,5 million de francs pour maintenir les activités. Aucun repreneur ne s'est manifesté malgré ses recherches.

Autres cantons

SRO-Kundig était la deuxième plus grande imprimerie dans le canton de Genève. Il ne reste dans la branche plus qu'Atar, à Satigny, fondée en 1896, qui emploie environ 80 personnes, outre quelques petites structures. «On perd un savoir-faire, c'est aussi une question politique», a affirmé Alexis Patino.

Les pertes d'emplois s'étendent à d'autres cantons de Suisse romande, a-t-il indiqué. Ainsi, M+S reliure à Yvonand (VD) a annoncé jeudi le licenciement collectif d'une dizaine de personnes, selon syndicom. Cette entreprise de 40 personnes avait récupéré dix employés des IRL plus, qui a fermé en juillet à Renens.

Dans les cantons de Neuchâtel et du Jura, la concurrence de la France voisine est très forte. Davantage de publications horlogères vont se faire imprimer à l'étranger, a noté le secrétaire syndical.

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