Gestion alternative

L’incertitude favorise les hedge funds

Le rendement est un critère déterminant dans le choix d’une catégorie de placements. A long terme, les hedge funds s’avèrent intéressants de ce point de vue

Ces cinq dernières années, le portefeuille de hedge funds moyen mesuré selon l’indice HFRI Fund Weighted Composite a enregistré des pertes annuelles plus importantes ou des bénéfices annuels moins élevés qu’un portefeuille d’actions mondiales. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi.

En 1990, 1992, 2000 et 2001, alors que l’indice mondial des actions a perdu entre 5 et 17%, les hedge funds ont affiché un rendement de 5 à 21%. En 2002 également, quand ce même indice a enregistré un repli de 20%, le secteur des hedge funds a connu une hausse de 1%, confirmant en quelque sorte la règle selon laquelle ces placements rapportent quoi qu’il arrive.

Ne pas seulement regarder les actions

L’année fatidique 2008 a certes vu les hedge funds reculer de 19%, mais l’indice des actions mondiales MSCI s’est, quant à lui, effondré de 40%. Là encore, on a fait valoir l’argument qui veut que -20% vaut mieux que -40% et donc que l’on peut considérer le rendement de ces fonds comme absolu, par opposition au rendement relatif des actions.

Si la période 2012-2014 a été très positive pour les placements en actions, elle n’a pas été aussi profitable aux hedge funds moyens: les opportunités et les risques des actions ne sont donc pas les seuls critères à prendre en compte pour ce type de fonds.

L’institutionnalisation du secteur des hedge funds a commencé en 1999-2000, c’est-à-dire à l’apogée d’une bulle actionnariale d’une durée supérieure à la moyenne. La forte appréciation des marchés des actions a constitué l’une des principales motivations à rechercher d’autres solutions. Les allocations de hedge funds ont surtout été effectuées à la suite de restructurations d’allocations d’actions.

Cette année, le HFRI a augmenté de 4,8% fin juillet, quand un placement en obligations mondiales aurait permis un rendement de 3,1% et un investissement en actions aurait rapporté 12%. Malgré cela, il a de nouveau été possible de procéder à une restructuration en hedge funds. En effet, les actions ont atteint de nouveaux plus hauts. Par ailleurs, les obligations ne servent plus de solution tampon car elles ne génèrent pas de rendements.

A la recherche d’alternatives

Les investisseurs sont donc contraints de trouver d’autres placements, comme les hedge funds. Ces considérations sont d’autant plus justes que les critiques à l’encontre des placements passifs (Exchange Traded Funds (ETF), depuis longtemps considérés comme bon marché, transparents et liquides, sont plutôt rares et que les ETF jouent un rôle non négligeable sur l’immense marché des obligations. Certains experts mettent en garde contre le risque de bulle et de problèmes de liquidité dans le secteur obligataire.

L’épreuve de vérité pour les fonds indiciels et les ETF ne devrait toutefois avoir lieu qu’au moment de la prochaine correction boursière substantielle ou d’une hausse des taux. L’expérience montre que les nouvelles tendances en matière de fonds sont corrélées à l’évolution du marché des actions et essuient souvent de terribles revers lorsque les aspects liés au marketing dominent ceux relatifs aux investissements. C’est ainsi que le krach de 2000-2001 a été suivi d’un boom des fonds de hedge funds, tandis que de nombreux fonds sectoriels et à thème ont été éliminés.

Après le krach de 2008, les hedge funds sont soudainement devenus des boucs émissaires pendant que les ETF prenaient leur envol. En définitive, les investisseurs ne veulent qu’une chose: le rendement absolu. L’avenir nous dira si ce sont les produits actifs ou passifs qui offrent les meilleures chances en la matière, notamment à long terme. Néanmoins, ces deux catégories ne sont en aucun cas antinomiques.

Diversification et liquidité

Les hedge funds présentent des avantages en matière de diversification et de liquidité, leur transparence s’est grandement améliorée et leur réglementation est plus compréhensible par les investisseurs. Les hedge funds appliquant des stratégies de placement actives, ils jouissent de possibilités dont ne disposent pas les fonds indiciels (passifs) et, surtout, ne sont pas tenus de réaliser des placements selon un indice prédéfini. En ces temps incertains, tout cela devrait jouer en leur faveur car ils peuvent aussi miser sur des marchés en baisse grâce aux libertés qu’ils offrent. Ils sont à juste titre mesurés à l’aune de leur rendement.

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