Métamorphose

L’incubateur d’idées Lift change d’orientation à Genève

L’événement phare du bout du lac, dédié à l’innovation, se mue en accélérateur de projets. Objectif: moins de conférences, pour plus d’ateliers. La manifestation passe de 1200 à 400 participants. Un concentré d’acteurs qui vise dorénavant des résultats matériels

Il était temps de passer des idées à la pratique. Après 11 éditions Lift, axées principalement sur des présentations de stars du numérique, sur un mode ex cathedra, le rendez-vous incontournable des nouvelles technologies à Genève entend à présent développer des produits concrets.

«La formule des «talks» est aujourd’hui très répandue. On en trouve toutes sortes sur le Web. Nous avons donc décidé de marquer une différence, en inversant notre modèle, traditionnellement composé à 70% de conférences, pour dorénavant offrir 80% de laboratoires de prototypage express et personnalisé», indique Abir Oreibi, cheville ouvrière de la manifestation qui réunit chaque année les acteurs clé de l’innovation à l’échelle mondiale.

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Le changement de format, pour la cuvée 2017 qui se tiendra du 1er au 3 mars au Centre international de Conférences Genève (CICG), se traduit tout d’abord par une réduction du nombre de participants à 400, contre auparavant 1200. L’accès individuel coûte 2500 francs. «Mais des réductions et autres aménagements sont possibles pour les étudiants ou les personnes au chômage», précise Abir Oreibi.

La nouvelle enceinte, rebaptisée Lift: Lab et transformée en programme d’accélération de projets, doit accueillir la semaine prochaine un peu moins de 60 multinationales, institutions gouvernementales, start-up et étudiants. Soit environ 30 équipes, parfois mixtes car intégrant par exemple des clients des entreprises pilotes, venues de Corée, d’Inde, de Chine, de Suisse et d’Europe. «Cette fois-ci, l’accent a été mis sur l’Asie», reconnaît Abir Oreibi, qui a passé 20 ans sur place dont plus d’une décennie à travailler pour les géants chinois du commerce électronique Alibaba.

Une ambiance bohème

L’idée du Lift revisité: doper les ébauches de créativité, faire jaillir l’innovation et aboutir – selon le stade de maturité du concept initial – à un rendu commercialement exploitable. «L’Université de Genève, par exemple, entend repartir vendredi soir avec un nouveau dispositif de validation de diplômes via la technologie de chaînes de blocs», relève Abir Oreibi.

Autre exemple de détermination: cinq études internationales d’avocats cherchent à créer une version alpha pour une nouvelle offre numérique de services juridiques. Lift: Lab servira aussi d’officine 2.0 temporaire à des majors comme Nestlé, Bouygues, la Française des Jeux, Suez. Mais aussi à la Chancellerie de Genève, les SIG, Urbanity, Accenture, notamment.

«Nous avons totalement déconstruit notre mise en scène, confie Abir Oreibi. Quelques conférences se tiendront les matins et les soirs, via des écrans de dernière génération, dans des espaces favorisant l’interactivité.» Traduction: la salle principale du CCIG a été vidée de ses sièges et les orateurs s’exprimeront au milieu d’un public assis sur des poufs. «Nous avons voulu une ambiance high-tech avec un côté bohème, pour casser la dynamique ex-cathedra», explique-t-elle.

Adorateurs du futur

Au fait, pourquoi l’innovation mondiale se donne chaque année rendez-vous à Genève? «Nous mettons à disposition une expertise et une méthodologie de pointe, dans un esprit de co-création, avec un accès privilégié à une communauté disposant d’une boîte à outils parmi les plus performantes», résume Abir Oreibi.

Les participants seront aussi coachés par une septantaine d’experts de renommée internationale. Comme Nicoletta Iacobacci, conseillère principale de la Singularity University, repère d’adorateurs du futur et incubateur californien. Ou encore, Alex Osterwalder, cofondateur de Strategyzer, consultant et auteur de best-sellers sur l’entrepreneuriat. (1) Abir Oreibi espère que Lift:Lab s’exportera à Dubaï et à Hongkong – les deux mégalopoles ont déjà manifesté leur intérêt – pour, dans l’idéal, devenir à terme un rendez-vous open source avec pour centre névralgique Genève.

(1) Mise à jour le 23 février: Suite à de nouvelles informations, nous avons retiré le passage de l'article faisant état de la rémunération de certains intervenants à Lift:Lab.

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