Signe des temps, Rolls Royce a ouvert sa première concession en Inde. La marque de luxe revient sur un marché où elle était jadis patronnée par les maharadjahs. Une dizaine de Rolls ont été écoulées l'an dernier. Mais en établissant une concession, la société Navnit, qui vend déjà des yachts et voitures de luxe, espère séduire au moins une trentaine de clients par année. Le modèle actuellement en vente, la Phantom, coûte 1,2 million de francs.

Le contexte s'y prête. Forbes qualifie l'Inde d'«étoile montante» qui recèle 23 milliardaires, dont la fortune totale atteint 99 milliards de dollars, en hausse de 60% par rapport à 2005. En effet, l'économie indienne, la 4e en Asie, poursuit son expansion. Au premier trimestre 2006, la croissance a atteint 9,3% en glissement annuel, ce qui marque une forte accélération par rapport aux 7,5% du dernier trimestre 2005.

La croissance a été tirée notamment par la construction (+12%), le secteur «commerce, hôtellerie, transport et communication» (+12%), la production industrielle (+8,9%) et l'agriculture (+5,5%) . Les nouveaux emplois, principalement dans le secteur informatique (+229000), donnent un coup de fouet à la consommation en général. Cette tendance devrait se poursuivre d'autant plus que le gouvernement indien compte augmenter les investissements dans les infrastructures de 10% en 2006.? Selon le pouvoir central, l'économie devrait créer 10 millions d'emplois par année et ainsi améliorer le niveau de vie de 1,1 milliard d'Indiens qui, d'après la Banque mondiale, survivent avec moins d'un dollar par jour. Officiellement 8% de la population active - 412 millions - est au chômage.

Fuite des capitaux

Le bulletin de santé de l'économie indienne devrait rassurer Dalal Street (le Wall Street indien) qui a été rudement chahuté en mai. Après avoir connu une période faste de près de deux ans - liée aux bons résultats de nombreuses entreprises, le marché apparaît soudain fragile. Hier, pour la onzième journée consécutive, les investisseurs étrangers se sont retirés massivement de l'Inde.

Les analystes sont unanimes sur les raisons de cette déprime. La facture pétrolière est de plus en plus salée et provoque déjà une pression inflationniste. Cela devrait conduire la Reserve Bank of India à augmenter le taux d'intérêt, probablement en juillet. Celui-ci est resté stable à 5,5% depuis octobre 2004.