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Toutes les PME n’auront pas les moyens de se payer des robots livreurs de pizza. Ce qui ne doit pourtant pas les empêcher de prendre le virage numérique, a prévenu vendredi Switzerland Global Enterprise lors de son forum «Exporter demain!».
© AP Photo/Marcio Jose Sanchez

PME

L’industrie 4.0, une révolution qui se mène à deux vitesses

La numérisation de l’économie générera des gagnants et des perdants. Les entreprises doivent davantage anticiper sous peine de «rater le train», a prévenu S-GE lors de son forum Exporter demain!

La quatrième révolution industrielle est en marche. Après la mécanisation, l’électrification et l’automatisation, la numérisation de l’économie est déjà en train de bouleverser les chaînes de production. Un changement de paradigme qui était au cœur du forum «Exporter demain!», organisé vendredi par Switzerland Global Enterprise (S-GE) au SwissTech Convention Center de l’EPFL.

C’est avant tout l’accélération de la transformation économique qui interpelle. «Nombre d’entre nous ont assisté à cette révolution qui a amené un ordinateur dans chaque foyer et qui a permis de démocratiser l’entreprenariat», rappelle Marianne Janik, directrice de Microsoft Suisse. De nouveaux champs d’activité apparaissent «qu’il va falloir anticiper sous peine de rater le train», prévient Daniel Küng, directeur de S-GE.

Une révolution à plusieurs vitesses

Forum économique de Davos, Swissmem, le salon zurichois de S-GE: les fora consacrés à l’industrie 4.0 s’enchaînent ces derniers mois. Le terme ne date pourtant pas d’hier. Conceptualisé pour la première fois en 2011 lors de la foire industrielle de Hanovre, l’industrie 4.0 est une révolution déjà bien en marche.

Une révolution qui se mène à plusieurs vitesses, rappelle Alain-Serge Porret, vice-président du Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM). «On retrouve un niveau d’automatisation assez faible chez les sous-traitants horlogers. Pour certains, la révolution c’est d’investir dans une machine leur permettant de compter les pièces qu’ils produisent.» Un monde sépare ce type d’adaptations et les logiciels élaborés de «machine learning», capables d’évoluer en apprenant des standards de qualité – qui représentent de gros investissements, explique le responsable de l’unité «Systèmes intégrés et sans fils», spécialisée dans l’élaboration de capteurs adaptés aux standards de l’industrie.

Des appareils plus ou moins futuristes

Dans le hall du SwissTech Convention Center où s’amassaient quelque 200 personnes, PricewaterhouseCoopers (PwC) a disposé un logiciel permettant d’évaluer le niveau de numérisation des PME. Un casque de réalité virtuelle laisse entrevoir de nouveaux marchés pour l’industrie du divertissement. «On peut imaginer que les architectes permettent à leurs clients de visiter des bâtiments numériques plutôt que des modélisations en plastique, explique un employé du cabinet d’audit. Ou que, grâce aux photos 3D, la maintenance ne soit plus systématiquement obligée de se déplacer pour résoudre des problèmes.»

Pour Daniel Küng, il ne s’agit pas uniquement de miser sur une technologie futuriste mais bien d’utiliser les outils déjà existants. Parmi les exemples mis en avant, celui d’Elite SA, basée à Aubonne, qui loue des matelas avec senseurs aux hôteliers qui ne paient ainsi que pour l’utilisation du matelas et peuvent ainsi déterminer avec précision quand ils doivent être retournés.

Un processus validé par PwC et S-GE qui recommandent aux PME d’opérer pas à pas avec avec des projets pilotes et de tester de nouveaux modèles économiques au-delà des frontières de branches. «A l’avenir, les partenariats pourraient compter davantage que le capital», soutient Daniel Küng.

Combattre la désindustrialisation

En Suisse, 80% des 300 PME interrogées estiment que la numérisation va changer radicalement le marché dans les cinq années à venir, selon une récente étude de PwC. Pour Alain-Serge Porret, si le concept d’Industrie 4.0 suscite toujours plus d’intérêt en Suisse «c’est parce qu’il représente une opportunité de combattre la désindustrialisation en baissant les coûts de production et en développant des marchés de niche.»

Il faudra pour cela faire face à une rude concurrence internationale. L’Allemagne investira 40 milliards d’euros (environ 43,7 milliards de francs) dans des applications «industrie 4.0» ces prochaines années, selon une étude de PwC. Une somme qui n’impressionne pas Daniel Küng: «Les entreprises allemandes tournent à plein régime. Avec l’euro faible, elles ne se remettent pas en question. Alors qu’en Suisse une vraie réflexion est menée pour gagner en compétitivité.»

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