Les dernières statistiques américaines laissent à penser que l'économie n'est pas encore sortie de son trou d'air. Ainsi, l'indice composite d'activité établi par le groupement national des directeurs d'achat des entreprises manufacturières américaines (NAPM) a baissé de 1,1 point en juillet par rapport à juin, pour s'établir à 43,6% alors que les analystes tablaient sur un niveau inchangé à 44,7%. C'est surtout le recul des nouvelles commandes et des prix qui a tiré l'indice à la baisse. La progression de 2,6 points en juin n'aura donc été qu'un feu de paille. Maintenant, l'indice se rapproche dangereusement de la barre des 42,7%, en dessous de laquelle on considère que l'ensemble de l'économie est entré en récession. Le président de la NAPM, Norbert Ore, ne dit pas autre chose lorsqu'il affirme: «L'économie américaine se rapproche de la récession et le secteur industriel en panne connaît des problèmes bien plus profonds qu'on ne l'imaginait.»

Autre facteur inquiétant: la confiance des consommateurs s'érode. Même si leurs dépenses se sont accrues de 0,4% en juin par rapport au mois précédent et si leurs revenus ont progressé de 0,3%, l'indice de leur confiance dans les conditions présentes et futures de l'économie a baissé de 2,4 points en juillet. Il s'établit désormais à 116,5 points contre 118,9 en juin, a annoncé mardi le Conference Board. Les observateurs sont plus que prudents dans l'interprétation de cette donnée. Ainsi, Michael Moran, chef économiste chez Daiwa Securities America, cité par Bloomberg: «Nous n'allons pas assister à d'importantes dépenses, mais il semble qu'il n'y aura pas non plus de contraction à large échelle.» Si la situation n'empire pas, ce sera en partie grâce aux six réductions des taux d'intérêt effectuées depuis le début de l'année par Alan Greenspan. Et tout semble indiquer, aux yeux des spécialistes, que le président de la Réserve fédérale répétera ce geste fin août.

Dernier indicateur enfin de la déprime ambiante outre-Atlantique: les dépenses de construction ont baissé de 0,7% en juin par rapport à mai. Il s'agit de la plus forte baisse depuis novembre 2000.