L’automobile porte l’économie

Etats-Unis La renaissance durable des constructeurs américainsse confirme

Seule ombreau tableau: des petits crédits pourris

A considérer que General Motors et Chrysler étaient en faillite forcée en 2009, l’industrie automobile américaine revient de loin.

Les Américains achètent à nouveau des voitures. En 2014, les ventes ont augmenté de 5,8% par rapport à l’année précédente pour atteindre la barre des 16,4 millions d’unités. Selon un nouveau rapport du Center for Automotive Research (CAR), basé dans le Michigan, l’avenir est encourageant.

La croissance globale des ventes est estimée à 12,8% pour 2013-2018. Durant la même période, l’emploi devrait lui aussi progresser d’environ 11% et la production de 12,6%. L’objectif est de retrouver, d’ici à quelques années, le niveau de production d’antan qui se situait à un peu plus de 17 millions de véhicules vendus par an. L’optimisme des constructeurs automobiles était perceptible lors des derniers salons de l’auto, dont celui de Détroit début janvier.

Selon le Trésor américain, l’industrie automobile crée des emplois à un rythme que les Etats-Unis n’ont plus vu depuis quinze ans. Plus d’un demi-million d’emplois ont été créés depuis le sauvetage du secteur à partir de 2008.

Aujourd’hui, le secteur automobile, fortement implanté dans le Michigan, l’Indiana et l’Ohio ainsi que dans des Etats du Sud tels que le Tennessee, l’Alabama et le Mississippi, porte l’économie américaine, en pleine reprise depuis la grande récession de 2008-2009, considérée comme la pire crise économique depuis les années 1930.

Dépassés en raison de choix stratégiques erronés, les constructeurs ont réussi leur mutation. En accroissant la productivité de leur main-d’œuvre, en recourant davantage à l’automatisation des processus de fabrication, en revoyant à la baisse les conditions salariales, ils sont parvenus à réduire de façon substantielle le coût du travail.

Nombre de constructeurs ont décidé de produire de plus en plus sur sol américain. Le marché de l’automobile outre-Atlantique a d’ailleurs bien changé. Longtemps dominé par les trois «grands de Détroit», General Motors, Chrysler et Ford, il s’est beaucoup ouvert aux constructeurs étrangers, dont BMW, Honda, Hyundai-Kia, Mercedes, Nissan, Toyota ou encore Volkswagen.

La compétition étant désormais plus âpre, le marché est aussi plus dynamique. En 2013, les exportations américaines de voitures ont explosé, se chiffrant à plus de 100 milliards de dollars, soit le double de ce qu’elles représentaient il y a dix ans.

S’il emploie directement 1,5 million de personnes, le secteur automobile induit un total de 7,25 millions d’emplois.

Forte consommatrice d’aluminium, cuivre, fer, plomb ou encore plastique, cette industrie induit un nombre considérable d’emplois secondaires.

Sachant que l’industrie automobile dans son ensemble génère pour quelque 500 milliards de dollars de salaires et rémunérations, qu’elle apporte plus de 200 milliards de recettes fiscales par an aux Etats abritant des usines et à l’Etat fédéral, Washington pouvait difficilement l’ignorer quand la crise des «subprime» a éclaté.

L’administration républicaine de George W. Bush a entamé le sauvetage du secteur, mais le président démocrate Barack Obama est allé beaucoup plus loin, portant l’aide à General Motors et Chrysler à 80 milliards de dollars.

Rappelons que Ford avait renoncé à l’aide fédérale, profitant néanmoins de l’opération de sauvetage.

Mi-décembre 2014, Barack Obama a annoncé que l’Etat fédéral avait vendu sa dernière participation dans l’industrie, et précisé que sur les 60 milliards que son gouvernement a injectés, il a réalisé des gains.

En prenant en compte les 25 milliards d’aide apportée sous George W. Bush, le solde se chiffre tout de même à 10 milliards de pertes pour le contribuable. Mais trois millions d’emplois ont été sauvés et l’administration démocrate en a profité pour imposer aux constructeurs de fabriquer des modèles d’autos plus écologiques.

Seule ombre au tableau: les ventes de véhicules sont artificiellement dopées par l’émergence d’un nouveau marché des «subprime», celui des crédits autos pourris.

Les participationsdu gouvernement Barack Obamaont été rembourséesavec bénéfice