Fonds'04, la grande messe annuelle des fonds, qui se tenait la semaine dernière à Zurich, s'est ouverte dans un climat nettement meilleur que celui de l'an dernier. «Cette fois, nous ne devons pas expliquer pourquoi les fonds ont perdu 20%», souffle le représentant d'une banque alémanique qui garde en mémoire les dernières éditions. La chute des Bourses en 2000, 2001 et 2002 avait un peu tendu les relations entre épargnants et gestionnaires.

«Nous sentons cette année un très net retour de la confiance des investisseurs», confirme Rolf Maurer, associé de Bevag, société coorganisatrice de Fonds'04. En ce premier jour de la manifestation, les allées ne semblent pourtant qu'un peu plus remplies que l'an passé, mais les 90 exposants (un peu moins qu'en 2003) ont retrouvé le sourire.

Les acteurs romands ont fait le déplacement. Absente d'Investissima, la banque Lombard Odier Darier Hentsch & Cie sponsorise l'événement. Même les plus petits trouvent leur compte à Zurich. «Il est indispensable pour nous d'être présents, si nous voulons nous développer en Suisse alémanique», note Philippe Truan, directeur du fonds immobilier basé à Lausanne Solvalor 61.

Le contexte se prête bien à la prise de contacts. «Je constate un regain d'intérêt pour de nouveaux placements», analyse le représentant d'une société de gestion zurichoise. Du côté des investisseurs institutionnels, plusieurs exposants estiment qu'après avoir beaucoup parlé des hedge funds, l'heure est à l'action.

«Les affaires ont repris à une vitesse incroyable, assure le responsable d'une société spécialisée dans l'administration des fonds. Nous devons massivement recruter pour faire face à la demande. En 2003, les placements dont nous assurons l'administration ont grimpé de 80%, dont une bonne partie grâce à la Suisse. Les banques sous-traitent toujours plus, ce qui nous profite.»

«C'est de la folie, s'exclame le représentant d'une société de fonds américaine. Trop de capitaux arrivent d'un seul coup. Nous n'allons pas pouvoir tenir à ce rythme toute l'année.» Plusieurs professionnels estiment que cet argent, qui va majoritairement sur les marchés émergents comme la Chine, arrive un peu tard. Et une correction n'est, selon eux, pas à exclure.