Horlogerie

L’industrie horlogère souffre de surinvestissement

Morosité mise à part, l’étude Deloitte 2016 sur l’horlogerie relève «l’augmentation considérable du nombre de sites de production»

C’est l’une des maladies qui fait actuellement souffrir les fabricants de montres: le surinvestissement. Le rapport Deloitte 2016 sur l’industrie horlogère, publié mardi, assure que le nombre de cadres supérieurs jugeant que les investissements étaient trop élevés a bondi cette année. Ils étaient 21% l’an dernier, ils sont désormais 63% cette année.

«Ce sentiment de surcapacité n’est pas surprenant compte tenu de la baisse des exportations au cours des douze derniers mois et du fait que plusieurs marques horlogères, notamment chez Richemont et LVMH, aient récemment considérablement augmenté le nombre de leurs sites de production», commentent les auteurs de cette étude.

En guise d’exemple, ces derniers évoquent l’ouverture du campus Richemont à Genève et les 450 millions de francs d’investissements consentis par Patek Philippe sur leur site de Plan-les-Ouates. «Les principaux inconvénients liés à l’expansion rapide de certaines marques horlogères restent les mesures de licenciement et de chômage partiel que certaines ont dû mettre en œuvre au cours de l’année dernière», explique-t-on dans ce document d’une grosse vingtaine de page.

Les mouvements mécaniques sont plus faciles à obtenir

Conséquence directe de ces investissements dans l’outil de production: les patrons horlogers sont moins inquiets quant à leurs sources d’approvisionnement. Le meilleur exemple concerne les mouvements mécaniques. En 2015, ils étaient 90% à considérer les calibres comme «difficile» voire «très difficile» à obtenir. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 31%.

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La même tendance se constate pour les cadrans, les aiguilles, les pièces de mouvements et les spiraux – même si, dans le cas de ces derniers, ils sont encore 62% à juger l’approvisionnement difficile.

Pour le reste, les horlogers sont sans surprise très préoccupés par la baisse de la demande – qui inquiète davantage que la force du franc. Pour l’année à venir, ils sont 81% à considérer les perspectives économiques comme négatives contre 41% l’an dernier. Pour contrer cette morosité, les patrons misent désormais sur la vente en ligne, qui apparaît dans cette étude comme un canal de distribution incontournable.

Au total, une cinquantaine de cadres ont été interrogés entre mai et juillet de cette année.

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