Branche exportatrice majeure, premier employeur de Suisse, l'industrie des machines est «en chute libre» depuis le 2e trimestre 2001 et n'a connu qu'un léger mieux dans les premiers mois de l'année en cours. Cela donne du poids à l'appel lancé hier par l'association faîtière Swissmem, qui, réunie hier en assemblée, demande aux autorités de tout entreprendre pour abaisser le niveau des prix. Orateur invité, le «patron des patrons» allemand, Dieter Hundt, a quant à lui évoqué les réformes annoncées à Berlin, qui, selon lui, auront toute l'efficacité d'un «traitement de pneumonie à l'aide du fameux bonbon aux herbes suisse».

Evoquant la crise économique internationale, Johann Schneider-Ammann, président de Swissmem, s'est néanmoins posé la question de savoir pourquoi certains concurrents étrangers réussissent à présenter des résultats meilleurs à l'exportation. Et de noter que chaque entreprise suisse devrait se demander si les services offerts justifient vraiment les prix élevés. Cela dit, l'industrie des machines, qui exporte 75% de sa production, souffre du handicap des coûts helvétiques, en moyenne 39% plus élevés que dans l'Union européenne, et Swissmem souligne que les bénéfices tirés par les cantons et communes du monopole de l'électricité, aux dépens de l'économie productive, sont simplement scandaleux.

En outre, Swissmem lance un vibrant appel à ses membres, pour qu'ils s'opposent à tout référendum éventuel contre l'extension intégrale, en 2004, aux nouveaux membres de l'UE, des accords bilatéraux avec l'Europe. Et de souligner que l'idée de s'opposer à un accord en particulier, tel que celui de la libre circulation des personnes, est absurde: les accords forment un tout juridiquement indivisible.

De son côté, Dieter Hundt, président de l'Union fédérale des associations patronales allemandes, a parlé de la gravité de la situation actuelle. Soulignant que, en 2001, quelque 8000 entreprises germaniques avaient choisi d'émigrer en Suisse, il s'est félicité du changement de cap que semble annoncer le programme de réformes adopté par le gouvernement Schröder: on semble avoir compris qu'un Etat, dont 47% du budget sont consacrés aux assurances sociales et 15% à amortir des intérêts, n'est simplement plus viable. Mais des mesures radicales s'imposent dans plusieurs domaines. L'orateur a particulièrement évoqué la situation de l'assurance vieillesse, désastreuse, et de l'assurance maladie, calamiteuse. Il a également rappelé les nombreux problèmes faisant du marché du travail allemand l'un des plus inélastiques du monde, tout en exprimant l'espoir de voir venir rapidement une reprise économique.