Face à la pandémie, l’industrie pharmaceutique multiplie les messages sur ses efforts pour trouver un vaccin ou un traitement accessible à tous. Jeudi, l’IFPMA (International Federation of Pharmaceutical Manufacturers & Associations), la faîtière du secteur basée à Genève, a tenu un deuxième point presse virtuel sur le sujet, après une vidéoconférence en mars dans laquelle elle vantait un degré de collaboration jamais vu pour contrer le coronavirus.

Des hauts cadres d’AstraZeneca, Pfizer, Sandoz (une filiale du bâlois Novartis) ou Merck se sont prononcés sur l’état de la recherche en vue de traitements. L’industrie teste des antipaludiques, des antiviraux, des anti-inflammatoires et s’intéresse au plasma des patients guéris. Vingt-cinq sociétés mènent des essais cliniques sur des médicaments, selon l’IFPMA (qui prévoit une conférence de presse sur les vaccins en juin).

«L’industrie vit un de ses plus beaux moments»

«Le Covid-19 représente un défi sans précédent mais l’industrie fait face avec un degré de collaboration sans précédent», a indiqué Teresa Rodó, responsable santé globale du groupe allemand Merck, alors que le virus demeure largement méconnu. «On peut le faire, mais le défi est immense; l’industrie vit un de ses plus beaux moments», a renchéri Julie Gerberding, vice-présidente de MSD, une entreprise américaine. «Des traitements seront manifestement prêts avant les vaccins», a estimé Thomas Cueni, directeur de l’IFPMA.

Des pistes font couler l’encre, comme l’hydroxychloroquine, un vieux remède contre le paludisme dont des études préliminaires ont donné des résultats encourageants face au Covid-19. Novartis, qui mène des essais sur ce front, s’est engagé à en donner 130 millions de doses.

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Des émules en bourse

Le remdesivir, un antiviral développé par Gilead Sciences du temps d’Ebola mais jamais homologué, fait des émules en bourse. La semaine dernière, des essais en Chine ont abouti à une conclusion décevante et plombé l’action de son fabricant américain. Mercredi, des résultats positifs ont remis en selle le titre de Gilead, surtout après qu’Anthony Fauci, le directeur de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses (une institution aux Etats-Unis), eut vanté les mérites du remdesivir.

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Le 24 avril, dix organisations – dont l’OMS et l’IFPMA – ont signé un document visant à accélérer le développement de traitements ou de vaccins et à faire en sorte que les plus démunis aient autant de chances d’en bénéficier. «Nous ne voulons pas de loterie sur les accès aux vaccins et aux traitements», indique Thomas Cueni.

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La pandémie redorera-t-elle le blason de la pharma? Outre-Atlantique, plusieurs récents pamphlets critiquent le modèle économique de la pharma, dans le sillage du scandale des opioïdes: ces dernières années, une vague d’addictions et de décès ont été générés par l’Oxycontin, le blockbuster du groupe américain Purdue Pharma, dont les ventes auraient été stimulées par des étiquetages mensongers. Cet hiver en Europe, Novartis a fait scandale en organisant un tirage au sort pour offrir 100 doses d’un traitement à 2 millions de dollars, le Zolgensma, à des bébés atteints d’amyotrophie spinale.