A l'instar de la plupart des pays développés, la Suisse a connu ces dernières années une progression de son secteur manufacturier moins rapide que celle de l'ensemble de l'économie. Ainsi la part de la valeur ajoutée brute de ce secteur dans l'ensemble de l'économie marchande a diminué de 2,5 points entre 1991 et 2000, relève l'Office fédéral de la statistique (OFS) dans sa dernière «Analyse structurelle de l'économie suisse». Depuis 2001, on observe toutefois une stabilisation de cette part.

Diminution des emplois

En 2005, l'emploi en équivalent plein-temps du secteur manufacturier a baissé à 20% de l'emploi de l'économie marchande, contre 25% en 1991, au profit du secteur tertiaire. On constate même un recul des emplois de ce secteur en termes absolus.

Ces baisses s'expliquent par une tendance des entreprises du secteur manufacturier à sous-traiter des activités de services, telles que la comptabilité, l'entretien ou l'informatique, notamment pour faire face à des contraintes de coûts. A cela s'ajoutent des processus de délocalisation de centres de production, par exemple pour la branche du textile, de l'habillement et de la chaussure.

Mais toutes les branches ne sont pas touchées de la même manière. Ainsi, les activités de haute et moyenne technologie évoluent plus favorablement que les autres. Ces branches constituent le principal moteur du secteur, mais aussi du commerce extérieur suisse. La propension moyenne à exporter du secteur est passée de 29,3% en 1991 à 42,1% en 2005, et représente près des deux tiers des exportations totales (voir graphique ci-dessus).

«Plus qu'à un phénomène de désindustrialisation, on assiste donc à une forme d'adaptation régulière et rapide des entreprises face à leur environnement», conclut l'OFS dans son rapport.