Conjoncture

L’inflation américaine s’est accélérée en janvier

C’est le scénario que les marchés redoutaient le plus. Reste à savoir s’ils vont réagir de la même façon qu’il y a une douzaine de jours, lorsqu’ils avaient trébuché, craignant que la hausse de inflation ne pousse la Réserve fédérale à relever ses taux plus vite que prévu

C’était le chiffre que tout le monde attendait depuis des jours; il est tombé en début d’après-midi, mercredi. Aux Etats-Unis, l’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 0,5% en janvier par rapport à décembre. Les analystes tablaient sur une hausse de 0,4%. C’est la plus forte hausse depuis septembre. En rythme annuel, la hausse est de 1,8%, contre 1,7% attendue par les analystes.

C’est bien ce scénario d’une inflation haussière que les marchés redoutaient le plus. Il y a une douzaine de jours, la hausse des salaires pour le mois de décembre avait fait craindre une accélération de l’inflation et, par conséquent, une remontée précipitée des taux directeurs par la Réserve fédérale américaine et la fin de l’argent à bas prix.

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Les premières réactions des places financières après la publication du chiffre de l’inflation ne se sont pas fait attendre. Les bourses européennes qui avaient passé la matinée en vert ont viré rapidement au rouge avant de revenir au vert, confirmant un état de forte volatilité. Wall Street a aussi ouvert en rouge.

Effet Verizon

L’inflation de base, qui exclut les prix de l’alimentation et de l’énergie, s’est élevée à 0,03%. Dans le détail, la progression s’explique surtout par les prix de l’habillement qui ont atteint leur plus haut niveau depuis trois décennies. Les prix des soins, des loyers et de l’assurance automobile ont également pris l’ascenseur. La pression inflationniste a toutefois été atténuée par deux facteurs. Primo, les cours pétroliers ont certes augmenté en janvier, +5% par rapport à décembre et 15% sur une année, mais la hausse a été compensée par une monnaie américaine qui se dévalue depuis plus d’une année. Rien qu’en janvier 2018, elle a perdu 10% de sa valeur par rapport à l’euro, la deuxième devise mondiale.

Puis, il y a l’effet Verizon, le grand fournisseur américain des services de téléphonie mobile. Les coûts de télécommunications comptent pour 1,7% dans l’indice des prix à la consommation. Au début 2017, Verizon a cassé les prix et offert un abonnement à un tarif unique et avantageux. C’est ainsi que la baisse du prix a contribué à maintenir l’inflation américaine à un plus bas niveau qu’en décembre 2017.

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